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    Arcaëlle, une éternelle bataille.

    Lilith Aube
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    Date d'inscription : 04/02/2016

    Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:16

    Bonjour,

    Pour les remarques positives comme négatives merci de me MP =)


    Résumé

    Par Audrey T. Legrand


    Les contes commencent tous par « Il était une fois » et la fin est toujours heureuse. Ceci n’est pas un conte, ce livre renferme les archives d’Arcaëlle. De la création à aujourd’hui. Les grands moments, les personnes importantes qui jouèrent un rôle dans ce monde afin de le changer. Cette partie des archives traite d’une jeune femme, élue par les Dieux pour rétablir un juste équilibre.

    L’histoire qui suit a parfois brillé sous un soleil doux mais, bien des fois, ses pages brûlèrent sous les feux de la haine. Tant de guerres ravagèrent le monde. Mais les arcaëlliens ont tout de même réussi à prospérer.

    Suite à la Grande Guerre, le monde se retrouva asservi et contraint à obéir aux Dieux-empereurs, une lignée de mzékils plus mauvais de génération en génération.

    Depuis quelques temps, la peur et la tension montent en Arcaëlle. Les Dieux-empereurs dirigent d’une main de fer depuis 212 ans le monde et les Tahoras subissent leur dictature impitoyable. Mais l’espoir commence à revenir suite à une prophétie annonçant la venue d’une élue, descendante directe de l’impératrice Keira qui fut déchue après la Grande Guerre.

    Dans l’obscurité, les résistants s’organisent. Quant à l’empire, il durcit de plus en plus ses lois concernant la gente féminine tahora ainsi que les terroristes.

    Il y a deux années maintenant, une jeune Tahora correspondant à la prophétie a été repérée. À la suite de cette nouvelle les troupes du Dieu-empereur se renforcent.

    Sommes-nous de nouveau à l’aube d’une guerre ?



    La Carte

    Par B. Le provost


    Arcaëlle, une éternelle bataille. 78181210

    Les Divinité

    Par Audrey T. Legrand


    Thaä : Déesse/Dieu de la faune et de la flore et père/mère des Mzékils et des Tahoras, Thaä est hermaphrodite et engendra la nature au commencement du monde, ainsi que les autres dieux. Il engendra en premier des jumeaux, l’un aux ailes noires, l’autre aux ailes blanches. Ainsi furent-ils nommés Mzékils’Han (Ailes Noires) et Tahoras’Han (Ailes Blanches).
    Il lui arrive de venir guider les arcaëlliens dans leurs épreuves sous la forme d’animaux multicolores. De nombreux Arcaëlliens le vénèrent comme une divinité bienveillante, mais il possède néanmoins un aspect moins riant, qui lui fit engendrer certains de ses enfants tel Gar’Haz. Néanmoins, il est dieu de sagesse, puisqu’il sut apprivoiser cette malveillance, pour en faire acte de vie et de création. Il est donc souvent imploré par les personnes caractérielles (ou leurs proches) pour les aider à dominer et transcender leur nature violente.

    Les demi-Dieux issus de Thaä peuvent entrer en contact avec grâce à une plume.

    Gar’Haz : Dieu des Enfers. Presque aussi ancien que Thaä, il n’a aucune pitié envers les mortels, qu’il envoie aux limbes sans sourciller ; cependant, l’histoire d’une unique hésitation, envers une petite fille dont il fit sa grande prêtresse après lui avoir rendu la vie, fait que les Arcaëlliens le prient, afin d’essayer de le mettre dans de bonnes dispositions. Cette divinité est considérée comme le père des Lorcqs, créés à partir d’une larme de sa conjointe mêlée à son sang. Par extension, on lui attribue souvent les épidémies, qu’il enverrait en Arcaëlle afin d’alimenter son royaume infernal.

    Pour entrer en communication avec lui si l’on est sa progéniture, il suffit de verser une goutte de son sang dans un récipient rempli d’eau.

    Othab :
    Dieu de la chasse et, par extension, de la nature sauvage. Humanoïde puissant à tête de félin, il est prié pour que le gibier soit abondant, mais aussi pour être protégé des monstres qui peuplent les contrées sauvages : Othab est ainsi le patron des chasseurs, des bergers, des voyageurs… Divinité considérée comme bénéfique, il peut être néanmoins aussi versatile que ses animaux ; il est souvent lié à May’Veal, son pendant aquatique, avec lequel il forme un couple étrange. On lui attribue la paternité des aracnors, qu’il aurait créé à partir des plus besogneuses des créatures sauvages afin de récompenser leur incessant labeur. De ce fait, il est aussi la divinité des pièges et des collets, à l’image des filets complexes tissés par ses enfants.

    Pour qu’un enfant d’Othab entre en communication avec lui il faudra sacrifier un animal quelconque. (Évitons tous de même les petits rongeurs type rat, il est quelque peu susceptible)

    Arh’Ly : Dieu des montagnes. Par son souffle, il insuffla la vie à des petites figurines de roche. Ainsi naquirent les nains. Il est principalement vénéré par les montagnards et les mineurs, qu’il protège des accidents, des éboulements et des chutes de pierre. Patron des carrières, les architectes et les travailleurs de la pierre, qu’ils soient ouvriers ou sculpteurs, lui adressent aussi leurs offrandes, afin que leur œuvre soit stable, solide et durable. Lors de la construction d’un bâtiment, que ce soit un vaste édifice ou une modeste demeure, la première pierre posée est gravée à son image, afin de porter chance à la construction, et à ceux qu’elle abrite. Néanmoins, ses colères sont toutes aussi destructrices qu’est solide son soutien : il provoque les avalanches, les tremblements de terre et l’écroulement des bâtiments.

    La progéniture de ce Dieu peut communiquer avec lui via un minéral ou une pierre plus ou moins précieuse.

    Jurk : Epouse du Dieu des Enfers et des âmes en détresse. Jurk est souvent représentée comme aimant son mari, tentant de ce fait d’apaiser son caractère impitoyable : elle plaide auprès de lui pour chaque défunt, afin d’adoucir son terrible sort. Plus souvent invoquée que son époux, on lui confie également les périodes dangereuses de la vie, afin qu’elle assure la protection de ceux qui les traversent : les accouchements, la vieillesse, les soldats envoyés à la guerre… sont autant de ses attributions. Elle a aussi la charge des oubliés des autres divinités, comme les Elfins. Elle est la mère des Lorcqs, par le mélange de l’une de ses larmes de compassion au sang furieux de son époux, leur permettant ainsi d’éprouver des sentiments, de témoigner de la bonté, et d’être des Arcaëlliens à part entière, et non de simples bêtes sauvages.

    Les enfants de Jurk peuvent entrer en communication avec elle via une larme versée dans du sang arcaëllien.

    Daÿl:
    Déesse de la lune, de la sagesse, de l’apprentissage et du labeur. Cette divinité appuie toutes les races sans distinction. Très attentive aux mortels, ces derniers lui confient leurs réalisations manuelles ou intellectuelles, l’invoquent pour avoir l’inspiration, lui vouent leurs réflexions en philosophie… Elle descend parfois en Arcaëlle, à la pleine lune, pour chercher les plus méritants de ces adorateurs. C’est une déesse égalitaire, qui dispense sa bénédiction à tous sans distinction : ses cultes sont également aussi ouverts que possibles. Elle est la créatrice des Elfes, lorsqu’elle vit ses propres rayons caresser les feuilles d’un arbre : de cette image, elle tira ses enfants, dotés de sa beauté lunaire, et de la longévité de l’arbre, sans cesse jeune et puissant.

    Les enfants de Daÿl peuvent entrer en contact avec elle grâce au reflet de la pleine lune dans un court d’eau.

    Kert’An : Déesse de la lune, de la sagesse, de l’apprentissage et du labeur. Déesse des femmes, du mariage, de la fertilité. Représentant la féminité, elle correspond à l’existence maritale des femmes et à leur succès en ménage : celles qui la prient sont essentiellement des femmes fiancées ou mariées, qui souhaitent une heureuse union, une naissance… Les jeunes filles se tournent plutôt vers Xad-Jo, à part si elles envisagent déjà des épousailles. Son culte est servi uniquement par des femmes, dont le rôle entoure les attributions de la déesse : elles président des mariages, assistent pendant les grossesses, procèdent à des accouchements. Par extension, Kert’An se voit aussi confier les nouveaux-nés, incarnation la plus concrète de son action divine.

    Pour que la progéniture de cette Déesse puisse parler avec elle, il faut regarder intensément les yeux d’un bébé.

    May’Veal :
    Déesse de la mer et, par extension, des animaux marins. Cette divinité à l’apparence féminine est principalement priée par les marins, qui lui offrent des sacrifices en échange d’une traversée paisible ou d’une pêche miraculeuse. Aussi versatile que l’océan peut l’être, elle s’associe bien avec Othab ; les Arcaëlliens la craignent autant qu’ils la respectent, s’efforçant de la mettre dans des dispositions favorables, car aucun ne se leurre sur sa capacité à s’emporter terriblement. Les animaux marins sont ses sujets, mais elle vit parmi eux plus qu’elle ne les domine : ils forment ses compagnons, ses amis, ses confidents… et ses guerriers.

    Pour discuter avec cette Divinité si l’on est son enfant, il faut boire de l’eau de mer.

    Xad-Jo : Déesse de la lumière et de la beauté. De façon surprenante, c’est la fille du Dieu de la Mort et de son épouse Jurk : contrairement à ses parents, c’est une divinité très positive, chargée de faire rayonner le monde. Outre son attribution lumineuse, elle représente également la beauté, féminine comme masculine, au point d’être parfois associée au désir charnel ; beaucoup d’Arcaëlliens la prient pour obtenir les faveurs d’une personne, mais aussi pour leur propre embellissement. Elle est parfois rapprochée de Cherby, car elle est l’inspiration de certains artistes. Bien que souvent représentée sous une apparence féminine, Xad-Jo se montre capable de polymorphie : on lui attribue la séduction de nombreuses jeunes filles à travers le monde. Elle est la mère des centaures qu’elle créa à partir d’un crin de cheval et d’une larme d’une humaine.

    Les enfants de cette Déesse se doivent de fixer le soleil durant la conversation avec leur mère.

    Gadvaoi : Dieu des saisons, de la météorologie. Homme ailé, il est surtout prié par les paysans : ils lui demandent une bonne récolte, un hiver rapide, un été très long, des pluies abondantes… et toutes sortes de choses essentielles à leur survie. Cependant, d’autres lui vouent également des cultes, parfois pour des questions bien plus triviales – qu’il ne pleuve pas pour un mariage, par exemple. C’est une divinité aimable et positive, dont les sautes d’humeur sont attribuées à la tristesse plus qu’à la colère : si un hiver est rigoureux, c’est que Gadvaoi est peiné de quelque chose, dans l’esprit des Arcaëlliens. Il a créé les Xens au début des temps, à son image.

    La progéniture de ce Dieu doit capturer une drek pour pouvoir parler à son père.

    Kaliqua : Dieu de la discorde et de la tromperie. Cette divinité est l’une des seules à être considérée comme fondamentalement mauvaise, mais on la prie néanmoins pour la contenir – ou au contraire favoriser ses intrigues. Ce comploteur divin est le marginal des dieux, responsable des divisions, des mensonges : doté d’un plaisir dément, il apprécie de pervertir ses fidèles, afin de les pousser à commettre des actes contraires à leurs idéaux. Intervenant fréquemment dans les affaires des mortels, ces derniers l’invoquent afin de favoriser des entreprises malhonnêtes, parfois à leurs dépends : invoquer Kaliqua n’est jamais gratuit, et les intentions du dieu rattrapent toujours celles des fous qui l’appellent.

    Les enfants de ce Dieu doivent entrer, grâce à une drogue, dans une transe hallucinatoire afin de lui parler.

    Cherby : Dieu des arts et de la sensibilité. Ce dieu beau protège les artistes de tous genres, ainsi que certains artisans, penseurs, écrivains… Il est néanmoins invoqué par de nombreux Arcaëlliens ayant un rapport avec l’esthétisme, voire par des quidams qui veulent s’assurer que leur présent, leur offrande, leur parure… est bien assortie, bien présentée… Très amical envers les mortels, il inspire tout particulièrement baladins et poètes : son culte repose largement sur les chants ou les litanies, qui constituent un important corpus vocal à la gloire du dieu.

    Pour parler avec leur père, les enfants de Cherby doivent peindre une porte.

    Saän & Kaän : Déesse de l’amour et Dieu de la pureté. Enfants de Ker’Tan, chacun d’eux est le prolongement d’une de ses attributions : Saän incarne l’amour dans sa forme idéalisée, et Kaän la pureté des jeunes personnes avant des épousailles légitimes. Ces deux divinités sont presque toujours invoquées ensemble, notamment par des jeunes – ou des parents espérant de tout cœur que leur progéniture attend patiemment le mariage. Dans l’ensemble, leur culte est annexe de celui de Ker’Tan, et leurs temples jouxtent ceux de leur mère.

    Étant trop « jeunes », ils ne peuvent se reproduire avec les mortels.

    Ge-Ban : Déesse des arts de la guerre. Divinité anthropomorphe, elle n’incarne pas tant la violence aveugle que l’honneur, la noblesse, la pensée militaire : intelligente autant que courageuse, on lui attribue la stratégie tout autant que les duels d’arène. Plutôt positive en temps normal, elle protège les guerriers en leur donnant courage et force ; elle représente la guerre idéale, juste, non pas les massacres sans but. Cependant, elle a un aspect plus sombre, en patronnant les arènes : elle y montre la fureur et la cruauté, ce qui relativise la bonté que certains lui attribuent. Mère des Humains, Ge-Ban s’efforce de les aider dans un monde où de nombreuses races sont plus fortes que celle qu’elle a créée à son image.

    Pour qu’un enfant de Ge-Ban entre en communication avec elle, il suffit de regarder son reflet dans une arme.

    Uoc’Thuy : Dieu des serments, des pactes, de la justice. D’apparence reptilienne, enfant d’Othab et de May’Veal, Uoc’Thuy est un dieu qui ne peut mentir, et qui punit ceux qui se parjurent : invoqué avant les procès, il est le patron des gens de justice, plus rarement des mercenaires qui prétendent avoir un semblant d’honneur. Associé également aux marchands – qui adorent jurer sur son nom, il ne succombe jamais à la corruption, aussi les offrandes sont inutiles dans son culte. Il a créé à son image les Virenpiens, à l’inspiration des autres divinités.

    Pour que la progéniture de ce Dieu entre en contact avec lui, il faut gober un œuf avec la coquille.

    Lüten : Dieu des serments, des pactes, de la justice. D’apparence Dieu des enfants et de la raison. D’allure enfantine, on lui confie notamment les orphelins, mais plus généralement les petits : la raison, qui lui est associée, dépend aussi de lui, dans la mesure où il la distribue aux petits Arcaëlliens. Divinité positive et considérée comme inoffensive, les adultes le vénèrent cependant pour obtenir, pour eux ou pour leurs proches, la capacité d’agir sans stupidité.

    Etant d’apparence juvénile, il ne peut se reproduire avec les mortels.

    Ozan ou Özan : Dieu du chaos et des ténèbres. Jaloux de Thaä et des siens, il recruta le premier Hayert’Väal parmi les aracnors qui eut pour mission de former d’autres guerriers de toutes races, afin de lever une armée pour défaire les Dieux. Ainsi, Özan pensa qu’il pourrait prendre le pouvoir et faire régner le chaos sur Arcaëlle. Il est parfois chuchoté qu’il s’est créé seul, à partir de tout le chaos qui eut dû être trop noir pour être incarné, ces ténèbres primordiales que son fils s’efforce de tenir loin de son œuvre. Il est ainsi le maître des ombres gluantes qui hantent les plus profonds égouts des villes, l’instigateur de la fureur destructrice, le créateur de ce qui rampe et grouille aux frontières de la réalité.

    Les engeances d’Özan peuvent invoquer leur père en sacrifiant un être vierge.

    Les races

    Par Audrey T. Legrand


    Avec ailes :

    Elfin : Les elfins sont le fruit de l’Amour entre un(e) mzékils et une race inférieure aux yeux de ces derniers. Parfois vue comme des parias et une sous-race, ils sont agiles, forts et excellent au corps à corps. Les elfins sont, dans la majorité des cas, stériles. Les elfins ont de petites ailes grises ne leur permettant pas de voler ; elles arrivent pourtant quelques fois à maturité. Quand les ailes sont de taille suffisante pour voler, les elfins bénéficiant de cet atout sont moins vus comme des parias. Vivant entre 65 et 70 ans, ils sont adultes à 21 ans. Les elfins n’ont pas de divinité précise mais ils prient beaucoup Daÿl et Cherby.

    Un elfin ne peut en aucun cas employer le fluide.

    /!\ Un(e) Mzékils et un(e) Tahora donnent naissance à un(e) Mzékils ou un(e) Tahora, leur race étant plus que similaire exception faite de la couleur des ailes.
    Un(e) Tahora et une personne d’une autre race donnent naissance à un enfant tahora ou de la race du conjoint/ de la conjointe.

    Mzékils : Les mzékils sont des êtres érudits sur le fluide et les techniques de combats car, généralement, ils ont accès aux meilleures académies martiales. La majorité de ces créatures se pensent au-dessus des autres races. Cependant, ils ne le sont pas. Ce sont de grands guerriers ayant une excellente capacité au combat au corps à corps. Ce sont des êtres ayant de grandes ailes noires, en dehors de ce détail ils sont assez semblables aux humains même s’ils ont souvent des yeux de couleur sombre ou rouge. Ils vivent entre 150 et 200 ans et atteignent l’âge adulte vers 27 ans. La divinité qu’ils prient le plus est Thaä. En effet ce dernier est leur créateur.

    Ils peuvent maîtriser jusqu’à 5 fluides et ont généralement une affinité pour les fluides Air et Foudre.


    Tahora : Les tahoras sont souvent considérés comme des êtres purs et impartiaux, ce qui n’est pas le cas de toutes ces créatures. Ils sont maîtres dans le contrôle de deux fluides voir trois dans certains rares cas. Les tahoras sont plutôt bons au corps à corps mais préfèrent dans la majorité des cas le combat à distance. Les Tahoras ont de grandes ailes blanches et sont assez similaires à l’être humain quoi que parfois un peu plus grand. Ils vivent entre 150 et 200 ans et atteignent l’âge adulte vers 28 ans.

    Pour ce qui est du fluide, ils ont les mêmes traits raciaux que leurs cousins Mzékils.


    Xen : La particularité du peuple xen est le fait qu’ils ne puissent enfanter qu’une fois dans leur vie. Généralement, les femelles mettent au monde des jumeaux de sexe opposé. Le maximum que puissent enfanter les femelles sont des quadruplés. Leur atout est la métamorphose animale, ce qui en fait de bons espions. C’est inné chez eux, ce n’est pas un fluide secondaire mais une capacité de naissance. Ils se transforment entièrement en l’animal (jamais partiellement). Les xens sont très doués dans l’utilisation du fluide mais moins bons, en règle générale, dans le combat au corps à corps. C’est un peuple amical et bienveillant dans la majorité des cas. Physiquement, ils sont semblables aux humains avec cependant des magnifiques ailes s’apparentant à celles d’un papillon ou d’une fée. Vivant jusqu’à 200 ans, ils atteignent l’âge adulte à 27 ans. Gadvaoi est souvent prié par les xens, il en est le créateur.

    Leur affinité va aux fluides Feu et Soin. Ils peuvent en maîtriser jusqu’à 4 au cours de leur vie.


    Sans aile :

    Aracnor : Se tenant dans la majorité des cas à l’écart de la société, ils sont d’habiles espions de par leur transformation en araignée allant de la taille microscopique à environ deux mètres de diamètre. Ils sont d’habiles combattants au corps à corps, mais sont moins bons à distance. Les aracnors sont assez semblables aux êtres humains avec une différence qui fait la réputation de la race. Ils possèdent en effet deux mandibules à la place de la bouche. Cependant, certains aracnors arrivent à cacher ces mandibules en effectuant une transformation humaine complète. Vivant jusqu’à 70 ans et atteignant l’âge adulte à 15 ans, ils font leur service militaire assez rarement. Othab est le père des aracnors, il est donc logique que ce soit lui que les êtres araignées prient.

    Les aracnors ne maîtrisent pas le fluide, en dehors de leur transformation en araignée.

    Elfe : L’elfe est un être intelligent, posé et patient – du moins dans la plupart des cas. Les elfes ont un penchant pour la mélancolie et la nostalgie. A partir de 250 ans environ, ils font preuve d’une grande sagesse et savent analyser les situations avec recul. Ils sont érudits dans le domaine de la nature. Maîtres du fluide, ils sont capables des tous les maîtriser au bout de 400 ans. Ils excellent dans le tir à l’arc et avec leurs lames elfiques, ce qui fait d’eux de redoutable guerriers. Physiquement, ils sont assez proches de l’être humain, cependant une particularité vous informera sur la vraie condition de l’elfe face à vous : ses oreilles en pointe. Imberbe dans la plupart des cas, ils semblent éternellement jeunes. Cependant, vers 650 ans, leurs cheveux blanchissent et leur peau se ride. Ils peuvent vivre jusqu’à 700 ans et deviennent incroyablement vite adultes. En effet à 30 ans ils sont prêts à vivre leur vie. Les elfes ont une grande préférence pour Daÿl qui est leur mère. Ils la prient en toutes occasions.

    Ces elfes sont ceux qui disposent de la plus grande affinité avec le fluide. Ils peuvent tous les maîtriser avec suffisamment d’entraînement, c’est à dire au bout de 400 ans en moyenne.

    Humain : L’être humain est colérique et instable dans une grande partie des cas. Peu voir pas réfléchi, il aime les combats et les jeux. Ils sont peu nombreux en Arcaëlle. Ils peuvent effectuer tous types de métiers et s’adaptent très vite aux situations nouvelles. Il n’a aucune caractéristique particulière physiquement. Ils vivent jusqu’à 90 ans et sont adultes à 17 ans. Ils prient régulièrement leur créatrice, Ge-Ban.

    Les humains peuvent maîtriser jusqu’à 4 fluides différents. Ils ont une affinité plus particulière avec le fluide de Feu, les cas d’humains maîtrisant le fluide de l’eau sont excessivement rares.

    Lorcq : Les lorcqs sont les créatures les plus craintes d’Arcaëlle et de fait ! Ils se nourrissent du fluide composant tous les êtres vivants, ce qui inclue la simple plante jusqu’à l’arcaëllien lambda. Cependant, ils n’usent pas du fluide, mais ont la force de 3 hommes et une capacité de régénération. Les lorcqs sont de grands chasseurs, capables de courir sur plusieurs kilomètres sans se fatiguer. La faim est leur pire ennemie; en effet, quand ils ont faim, ils sont incapables de se maîtriser et tueront le premier être vivant qu’ils croiseront. Physiquement, ils sont plus grands et plus larges qu’un être humain. Leurs yeux sont de couleur diverses mais rarement de couleur classique. Les autres races peuvent les reconnaître grâce à ce détail. Ils sont de grands chasseurs. Ils sont solitaires cependant par intérêt ils peuvent s’allier à d’autres races. Ils vivent 540 ans et deviennent adultes vers 32 ans. Tuer pour vivre, c’est là l’œuvre de Gar’Haz, père des lorcqs. Ces derniers le prient assez régulièrement.

    Les lorcqs sont totalement incapables de manier le fluide mais sont en contrepartie capables d’absorber celui des autres.


    Virenpien : Vivant dans les terres chaudes tels les déserts, les virenpiens sont des marchands itinérants ou des nomades. Ils maîtrisent faiblement le fluide dans une grande majorité des cas. Ils sont polyglottes de naissance. Grands, rapides et agiles, tels sont leurs atouts. Ils vivent en clans ou en tribus dans la plupart des cas. Rare sont les virenpiens fondant une famille dans une ville ou un village. Les virenpiens sont ovipares et de ce fait ne peuvent se reproduire qu’entre eux. Les virenpiens naissent dans des œufs par portée de 3 à 10. Ils sont d’habiles guerriers pouvant manier de lourdes armes. Physiquement, ils sont grands (mesurant jusqu’à 3 mètres pour les mâles), leur peau est écailleuse et de couleur variée. Les virenpiens possèdent de petites dents pointues et acérées. Ils n’ont physiquement rien de commun avec les autres races. Ils vivent 130 ans et deviennent majeurs à 22 ans. Leur créateur est Uoc’Thuy, de ce fait ils donnent de grandes fêtes en son honneur.

    Ils peuvent manipuler tous les fluides mais n’ont d’affinité particulière avec aucun d’eux. Ils peuvent tous les maîtriser avec une expérience suffisante.


    Dernière édition par Lilith Aube le Jeu 4 Fév - 18:26, édité 1 fois
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:17

    Introduction


    « Il est dit que la seule chose qu’on ne puisse maîtriser est le temps. Le temps va à son rythme créant et anéantissant ses actes. »


    Du temps infini naquit notre monde, une sphère sans vie et sans air. Au commencement il n’était qu’obscurité et noirceur. De ces ténèbres apparut une forme étrange, un être à la peau pâle et aux yeux rougeoyant. En position fœtale dans l’espace noir, il se déplia, écartant les bras. Le nouveau-né n’avait de rien d’un bambin, il était déjà en pleine maturité. Sa chevelure se confondait avec la nuit éternelle et sa nudité laissait entrevoir qu’il était mâle. Il ignorait tout de son existence. Il leva sa main droite vers son regard et y compta cinq doigts fins et osseux. D’où venait-il ? Qui était-il ? Il comprit rapidement que sa mère était la nuit et son père le chaos. Issu de l’union de ces ténèbres infinies, il avait pu naître. La nuit et le chaos n’étaient pas à proprement parler ses parents mais plutôt ce qui l’engendra en lui donnant une constance. Il se choisit pour nom Özan. Il ne connaissait ni la peur ni l’amour. Il était le chaos et la destruction. Seul dans la nuit éternelle du monde, il ne chercha pas la lumière, cela lui convenait. Il aimait ce calme. Le temps passa et bien vite il se demanda jusqu’où pouvait aller sa puissance.

    De sa bouche, alors que naissaient les volcans sans qu’il en ait la volonté, naquit un être tout aussi différent que curieux. Son aile droite était noire comme les ténèbres et la gauche blanche. Son corps était mixte, à la fois femelle et mâle. Özan se plia en deux afin de cracher cette créature de sa gorge. Couvert d’une matière visqueuse, le nouvel arrivant se leva et observa les vives couleurs rouges des volcans se refléter dans le regard de son père. La nuit ne lui plaisait pas, il voulait de la chaleur, de la lumière. Etendant ses ailes, le nouveau-né créa une bourrasque et le soleil entra dans l’atmosphère. Özan, mécontent, attaqua son fils mais, ce dernier, disparut comme par enchantement. Il se téléporta sans même sans rendre compte et atterrit à l’autre bout du monde où tout était froid et blanc. Durant des jours et de nuits, il créa les cieux. Plaçant le soleil pour le jour et la lune ainsi que les étoiles pour la nuit. Ainsi, l’obscurité n’était plus qu’un vague souvenir.

    La glace, grâce au soleil, se mit à fondre créant les étendues d’eau. Le liquide rencontrant la lave incandescente engendra les sols. Les continents prirent forme mais pas vie. Tout n’était que désert de roches avec parfois de la glace. L’être aux ailes disparates se nomma de lui-même Thaä car cela sonnait bien. Thaä, père de la création, n’était pas satisfait, rien ne vivait en dehors de son créateur et de sa divine personne. Alors, il créa les autres, les Dieux d’Arcaëlle. Chaque divinité était assignée à une chose. May’Veal, par exemple, était la déesse des mers et océans. Seize dieux œuvrèrent ensemble pour le père. Tous ensemble, il bâtir le monde, semant la nature, donnant la vie aux animaux et, prit d’une envie de création, tous créèrent une race ou deux d’arcaëlliens.

    Thaä engendra les mzékils aux belles ailes noires et les tahoras aux douces ailes blanches. Le premier de chaque lignée avait pour nom Mzékils’Han et Tahora’Han. Les deux arcaëlliens, encore jeunes et purs, s’allièrent pour guider les autres créations. Mais, dans ce monde quelque peu sauvage, il leur fallut créer les premières armes afin de se défendre contre les voraces carnivores. Ce fut le fier Mzékils’Han qui inventa la première lance et sauva son frère Tahora’Han d’un terrible bsurt. Un loup de la taille d’un cheval à l’appétit insatiable. L’animal à la fourrure grise fut dépecé afin de confectionner des vêtements pour Mzékils’Han et Tahora’Han. Car, au commencement, l’arcaëllien vivait nu comme un bébé venant de naître.

    Le temps passa, des enfants virent le jour. Mzékils’Han eut trois fils : Zaran, Utoc et Ballan. Trois fières arcaëlliens à la crinière aussi noire que leurs ailes. Tahora’Han, quant à lui, eut deux filles et un fils. Kïna, Lëlna et Urgan. Les deux filles avaient des yeux vairons et la chevelure blonde quant au jeune garçon il avait les yeux marrons et la chevelure brune. Les autres races enfantèrent aussi et le monde se peupla petit à petit. Kïna, en âge de se marier, épousa le fils d’un autre tahora : Balkar. Il était sage et avisé et commença à parler de construire des habitations en fixe pour les arcaëlliens. Ainsi naquirent les premiers villages puis les villes et enfin un Royaume. Thaä, encore très présent dans le monde, choisit la lignée Tahora’Han pour gouverner ce qui n’enchanta guère Ballan, troisième fils de Mzékils’Han. Envieux, jaloux et manipulateur, il monta ses frères et son père contre les Tahora’Han sous le regard colérique des Dieux. Une nuit, Ballan s’introduit dans la chambre de Kïna et il la viola avant de la tuer elle et l’enfant qu’elle portait. Les Divinité, mécontente de son acte de barbarie, lui lancèrent une malédiction ainsi qu’à ceux de sa race. Les mzékils ne pourrait se reproduire qu’avec les tahoras et les mzékils s’ils venaient à féconder une autre race cela donnerait naissance à une sous espèce : les elfins, des êtres stériles aux ailes grises ne pouvant les porter pour voler. Honteux d’avoir maudit les sien, Ballan s’exila sur une île lointaine avec son épouse et son fils.

    L’île de Ballan finit par devenir un Royaume et le reste du monde un Empire sous la coupe bienveillante des Tahora’Han. Lëlna avait repris la suite de sa défunte sœur sur le trône d’Arcaëlle donnant naissance à des jumelles et un fils. Ballan, lui, n’eut qu’un seul enfant, sa femme l’ayant répudié après son geste odieux. Il éleva ce fils dans la haine de l’Empire Tahora’Han. Ötha, l’unique héritier du Royaume Mzékils’Han, inculqua cette haine à ses propres enfants qui à leur tour donnèrent ce poison à leur engeance.

    Quinzième de sa lignée, Uther, fils d’Äyan, fomenta un plan pour ravir le trône de l’Empire. Il avait eu un fils dix-sept ans plus tôt, Arhnt. Après avoir envoyé une missive à l’Impératrice Saräh afin d’unir le Royaume et l’Empire, il envoya son fils cadet à Kaïl, continent principal de l’Empire. Là, il fut accueilli par la fille de l’Impératrice, Keira âgée de quinze ans. Leur amitié naquit d’un simple regard. Durant des années, ils étudièrent ensemble, faisant enrager les précepteurs par leurs multiples pitreries. L’Impératrice en place voyait dans cette alliance un couple fort qui règnerait avec sagesse. Mais, les Dieux étant joueurs, cela ne fut jamais écrit. De plus, le peuple se détournait du culte ce qui déplaisait fortement aux Divinités. Tout à une fin qui en réalité est un commencement. Le père d’Arhnt avait un machiavélique plan et son fils en était l’instrument. Le jeune mzékils, insouciant et innocent, n’en savait rien et commença à tomber amoureux de la belle Keira. L’arcaëllienne aux yeux vairons, l’un bleu et l’autre vert, le faisait frémir et rêver. Le jeune arcaëllien au regard pourpre s’imaginait tant bien que mal épouser sa belle blonde. Mais le brun fut déçu lorsque cette dernière jeta son dévolue sur un noble tahora. Refoulant sa peine, il accepta d’être le témoin de cette tahora qu’il aimait plus que tout, espérant devenir un jour son amant.

    Dix années s’étaient écoulées depuis leur rencontre et cinq autres étaient passées depuis le mariage de la Dauphine. Arhnt était devenu conseiller à la cour et, Keira, allait monter sur le trône sous peu. Lorsque la tahora fut couronnée, Arhnt lui fit don d’une bague fine et ornée d’une toute petite émeraude. Mais, ce jour-là, le Prince Mzékils’Han reçu une missive de son père. Un courrier lui expliquant les tenants et les aboutissants de son rôle dans le plan machiavélique du Mzékils’Han. Le jeune arcaëllien, tenu par le sang, dû se plier à la volonté d’Uther.

    Gardant le secret, devenant de plus en plus distant, Arhnt attendit l’arrivée de la flotte de son Roi. Le palais Impériale fut assaillit en l’espace de quelques heures trois mois après qu’Arhnt eut reçu la missive. Keira parvint à fuir avec quelques soldats mais, fou de colère, le Prince Royal tua l’époux et la fille de sa bien-aimée puis il assassina son propre père. Avant de lui couper la gorge, il lui reprocha de l’avoir fait aimer son ennemie.

    La guerre dura cinq longues années, dévastant villes et villages sur son passage. La colère des Dieux était grande et, pour punir les dirigeants, ils envoyèrent la peste. Le monde souffrait et agonisait. Sur la plaine Nord, les troupes de Keira avait planté leurs tentes tout comme l’armée d’Arhnt. N’en pouvant plus de ces batailles continuelles, elle rédigea un mot qu’elle fit porter à son ancien ami par un valeureux soldat qui ne reçut, en récompense, qu’une mort atroce. Le mzékils sourit en lisant les mots tracés à l’encre noire sur le vieux bout de parchemin. La guerre avait asséché son cœur et seul le pouvoir lui donnait l’envie de vivre. Il sauta de son fauteuil et alla quérir ses conseillers pour une ultime réunion.

    « Notre chère Keira fait une proposition bien plus qu’alléchante chers conseillers. Elle me propose un duel au court du quel le trône d’Arcaëlle sera mis en jeu. Le vainqueur deviendra le maître incontesté de l’Empire. Cela aura lieu à l’aube demain matin. Faites dire au forgeron de préparer ma plus belle lame !
    – Oui, mon seigneur ! Clamèrent les conseillers. »

    Le ciel nuageux ne laissait pas voir le lever de soleil, Keira était dans sa tente avec son amie et confidente, une xen aux ailes orangées. L’arcaëllienne, inquiète pour sa souveraine, la supplia :

    « Renonce à ce stupide duel ! Dans ton…
    – Silence ! Cria presque Keira, Je me dois d’alléger au plus vite la souffrance de mon peuple ! Ce combat est l’unique issue à cette guerre stupide ! »

    La xen s’inclina, les larmes aux yeux. L’Impératrice sortie de sa tente pour ne pas voir son amie pleurer. Elle attrapa la longe d’Ejon, sa jument noire et monta en selle. L’heure approchait inlassablement. Ses troupes étaient alignées, espérant voir Keira renoncer. C’est là qu’elle vit la gamine d’à peine quinze ans. Une elfe à la chevelure des blés et au regard vert. Dans ses yeux on pouvait lire la peur. Keira s’approcha de la petite et lui intima de la suivre. L’enfant obéit. Keira s’arrêta près de la forge où travaillait un jeune elfin. Elle le congédia afin d’avoir le champ libre pour parler à l’elfe.

    « Quel est ton nom ?
    – Ayelline, Majesté. Répondit-elle en s’inclinant toute tremblante.
    – Prends ce bracelet ocre, lorsqu’il virera au bleu tu devras guider l’être près de toi.
    – Je… Je ne comprends pas, Majesté…. Bredouilla l’elfe.
    – En temps et en heure tu saisiras mes mots. Cherche et trouve celle qui sera de mon sang. Va-t’en maintenant. Prends Plume-D’hiver et Galope vers le sud. »

    L’enfant s’exécuta sans dire un mot de plus, quittant le campement avec pour guide un bracelet ocre. Keira se rendit vers le centre de la plaine, suivit par ses troupes. Là Arhnt l’y attendait. L’Impératrice eut un pâle sourire en se souvenant vaguement d’un entraînement avec son ancien ami. Mais le passé était désormais loin derrière elle. Elle sauta au bas de sa selle, imité par le souverain Mzékils’Han. Ses yeux rouges luisaient d’une lueur malsaine, presque mesquine. Priant Thaä de venir en soutien à ce combat, la tahora se mit en garde. Cela fit sourire Arhnt de façon machiavélique. Il sentait la détresse et l’angoisse de son ancienne alliée.

    « Beau matin pour mourir, n’est-ce pas Keira ?
    – Je ne périrais pas sous ta lame, frère. »

    Clama-t-elle avec hargne. Les ailes noires du mzékils se déployèrent, le rendant encore plus impressionnant ; il attrapa son épée et la fit tournoyer comme si elle ne pesait rien. Attrapant la garde à deux mains, il se mit en position d’attaque. Le glas de la fin sonnait dans les esprits des soldats. Déployant ses blanches ailes, l’Impératrice utilisa Ka, le fluide de foudre. Malheureusement, l’éclair fut dévié par le fluide du vent du jeune mzékils. Sans attendre, il s’envola vers les nuages brumeux des cieux. Keira le suivit d’un battement d’ailes. Le combat pouvait commencer loin des regards, dissimulé par la voûte céleste. Au travers des nuages feu et foudre animaient le ciel de couleur vive. Le bruit du fer se croisant résonnait tel le grondement d’un orage. C’est alors que la pluie se mit à tomber fortement. Keira porta une estocade à Arhnt qui esquiva sans difficulté. Il se mit à rire et plongea vers la tahora, lui portant un coup à l’aile gauche. L’Impératrice fit une chute de quelques mètres vers le sol et parvint à atténuer le choc contre la terre en battant de son aile droite. Le mzékils se posa près d’elle, il mit un genou au sol et attrapa la blonde chevelure de l’ancienne souveraine d’Arcaëlle. Crachant un peu de sang au visage de son ancien ami, elle murmura :

    « Le monde que tu créeras sera à l’image de ta victoire : déloyal.
    – C’est toi qui, malgré ton état, a proposé ce duel. A mort, non ?
    – Tues moi mais un jour la vengeance viendra du ciel.
    – Je suis… magnanime, ta honte te tuera plus lentement que mon épée, mais tu périras en paria. En hors-la-loi. Si je te vois, ce sera à la pointe de mon épée, ma sœur. »

    Il relâcha les cheveux de la tahora et se leva. Brandissant son épée il hurla sa victoire. Keira était inconsciente quand on vint la retirer du champ de bataille. Elle fut emmenée par son amie et confidente vers une forêt sauvage où personne ne la chercherait. Le règne d’Arhnt commença dans le sang des innocents. Quiconque s’opposait à lui était décapité et sa tête était mise sur un pic à l’entrée de la capitale.

    Trois mois s’écoulèrent, Keira semblait perdre toute ses forces, mangeant à peine et buvant que lorsque le besoin s’en faisait réellement sentir. Le jour de l’accouchement arriva rapidement. Car, l’Impératrice déchue portait la vie en elle depuis maintenant neuf mois. Soufflant et haletant, elle pria vainement les Dieux de lui venir en aide. Ce jour d’automne, elle mit au monde deux fils. Kale, signifiant justesse et Paï, signifiant force. La mère perdit la vie dans ce combat et ce fut son amie qui emmena les deux orphelins. Elle leur cacha leur héritage jusqu’à sa mort. Personne ne devait savoir que Keira avait eu des descendants. Car de cette descendance viendrait la paix.

    Les années passèrent, les Dieu-Empereurs se succédèrent. Le monde fut asservit et l’esclavage devint une norme. La peine de mort, l’enfermement en arène et l’emprisonnement sans jugement entrèrent dans les mœurs. Le monde bascula dans la peur. En l’an 179 de l’ère Mzékils’Han, Morloc, qui était le troisième Dieu-Empereur, monta sur le trône. Il avait vingt ans et était le seul fils encore en vie du dernier dirigeant d’Arcaëlle. On lui offrit une jeune tahora à la crinière rousse en mariage, son prénom était Abby. Sans aucune douceur, la nuit de leurs noces, Morloc engrossa la pauvre jeune arcaëllienne de dix-neuf ans. Durant les neuf mois de sa grossesse l’Impératrice ne vit pas son époux qui préférait la compagnie de ses esclaves femelles. Il aimait faire souffrir, il aimait la torture et, par-dessus tout, avoir le dessus.

    Abby était dans sa chambre avec sa servante. Les contractions étaient très rapprochées, elle haletait, soufflait, soufrait. Mais, la joie se lisait sur son visage, elle allait donner la vie, le plus bel acte en ce monde. Après des heures de travail et l’aide d’une accoucheuse, un petit garçon tout aussi roux que sa mère vint au monde. Le Dieu-Empereur pénétra dans la chambre de son épouse et attrapa le bébé. Il enleva les linges afin de voir le sexe de l’enfant et, surtout, la couleur de ses ailes. Son regard devint furibond et exorbité lorsqu’il constata que son héritier était un tahora. Il insulta copieusement la jeune mère et lui assura :

    « Aucun de ta maudite race ne viendra sur mon trône. Jamais tu ne reverras cet enfant ! »

    Il passa la porte, son rejeton sous le bras et disparut dans le couloir menant à la tour la plus haute. Là, il jeta le nouveau-né en criant :

    « Utilise tes ailes si tu veux vivre et ainsi tu seras digne d’être mon fils ! »

    Repliée sur elle-même dans son lit, la jeune tahora pleurait amèrement cet enfant perdu à jamais. Celui qui était son époux n’était qu’un monstre avide de pouvoir et de dominance sur le monde. Elle se promit de ne plus jamais donner la vie mais le destin en décida autrement. Quelques années plus tard en l’an 190 de l’ère Mzékils’Han, un autre petit garçon vit le jour. Un nouveau-né aux ailes noires au regard de feu et à la chevelure ébène. Morloc, satisfait, lui donna son prénom, il se nommerait Zack. Cet enfant devrait pourtant se montrer digne du trône tout au long de sa vie. La première année de vie du Prince de sang fut heureuse et sembla béni par les Dieux eux-mêmes. Abby choyait le petit être qu’elle avait porté en son sein durant neuf long mois. Un lien très fort unissait la mère et l’enfant.

    Pendant ce temps, dans les bas-quartier de la capitale, un prophète annonçait à qui voulait l’entendre qu’une Elue des Dieux verrait bientôt le jour. Son regard serait celui de son ancêtre Keira. La rumeur vint jusqu’au palais. Cependant, au commencement, Morloc prit ça pour les délires d’un vieux fou. La prophétie se déversa dans le monde et l’espoir commença à naître dans le cœur des arcaëlliens. Le Dieu-Empereur ne pouvait tolérer cela. Il lança un avis de recherche sur le prophète afin qu’il soit conduit devant lui. Il ne fut pas bien difficile de trouver le vieil aveugle unijambiste. Le vieux xen fut conduit au palais où il fut jeté devant son souverain.

    « Parle-moi de la prophétie, xen !
    – Altesse, une tahora viendra des tréfonds de la terre pour vous défaire. Elle aura les ailes plus blanches que la neige et un regard exceptionnel. Directe descendante de Keira la Douce, annihilée par votre ancêtre, elle viendra reprendre ce qui lui revient de droit. »

    Le vieil ailé se mit à rire et Morloc entra dans une colère noire. Il se leva brusquement de son trône et se jeta sur l’unijambiste riant de lui. Attrapant à sa ceinture une dague, il commença à entailler les ailes bleues de papillons du vieillard qui hurla de douleur. Une fois qu’il eut fini de torturer le pauvre aveugle, il confia son destin au bourreau. Il fit venir les annonceurs, ceux qui criaient les nouvelles lois, ainsi que des soldats en grand nombre. Il décréta d’une voix froide et dure :

    « A partir de ce jour, toutes tahoras naissant en l’an 192 ou après appartiendra à l’Empire. Elle sera, de par sa naissance esclave. Celles qui seront dissimulées par leur famille feront l’objet d’une punition. Maintenant partez, informez le peuple ! »

    Il se mit à réfléchir, son épouse, cette chienne, était une tahora. Elle risquait de venir en aide aux enfants. Il ordonna alors son exécution. Abby, ayant eu vent de son funeste destin, prit la fuite trop rapidement. Elle abandonna le petit Zack aux griffes de son père. Volant nuit et jour, elle avait choisi un lieu où la Résistance s’était largement installée, un continent oublié de l’Empire. Les Cités Blanches.

    Abby fut recherchée afin d’être exécuté mais personne ne mit la main dessus et cela fut un soulagement pour la jeune arcaëllienne qui attendait à nouveau un enfant du vil Dieu-Empereur. Cet enfant-là ne vivrait pas dans la peur ni la haine de l’autre. Il serait béni des Dieux et fera preuve de compassion. Mais jamais ce bébé ne connaîtra l’identité de son père.
    Lilith Aube
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:18

    Chapitre I


    La nuit était bien plus sombre que d’accoutumé, ni lune ni étoiles ne brillaient dans le ciel, comme si les Dieux cherchaient à dissimuler quelque chose au monde. Dans la forêt d’Al’Ba, une très ancienne forêt remplie de créatures plus merveilleuses les unes que les autres où l’on trouve quelques tribus de lupans plus ou moins agressifs. Ces arcaëllien-loups, parlant une langue étrange. L’une de ces tribus est spécialiste dans le dressage de bsurts. La forêt a recouvert une ancienne cité de roches et de pierres où l’on trouve un temple en ruine dédié à Thaä. Cette forêt offre de nombreuses plantes médicinales ainsi qu’un refuge pour les personne en fuite ou voulant se cacher de l’Empire. Dans cette vieille forêt on trouve une petite clairière blanchit par la neige de l’hiver. Au milieu de cette clairière, se dressant fièrement, il y a une maison faite de planches en bois plutôt de petite taille. L’une des fenêtres est éclairée par une lumière vacillante, la lueur d’une bougie. Une humaine, Yazë, est allongée sur le lit, elle donne la vie. Sa chevelure noire colle à son visage en sueur. Près d’elle, lui tenant la main et le regard bleu inquiet, se tient un jeune tahora aux grandes ailes blanches. Ses cheveux blonds, attachés en une queue de cheval, semble lumineux et brillant. Il se nomme Axel. Les deux futurs parents ne parlent pas, il se regarde avec amour et crainte. La jeune humaine se cabre et se redresse, ses mains vont chercher l’enfant qui sort d’elle. Dans un cri de douleur, elle salue le bébé qui vient de venir au monde. Le père coupe le cordon ombilical et prend délicatement la créature chétive qui pousse son premier cri. Ses yeux clos, il ne peut savoir ce qu’il en est.

    « C’est une petite tahora magnifique mon aimée. Murmure-t-il à son épouse.

    – Emmaillote la, qu’elle n’attrape pas froid, souffle la mère épuisée.

    – Comment allons-nous la nommer ?

    – Mélinda. C’est joli non ?

    – Oui. Il déposa un doux baisé sur le front de son aimée et enveloppa l’enfant. »

    La petite s’apaisa et ouvrit ses petits yeux sur le monde. Axel la regarda et, solitairement, une larme coula. Son regard était celui-là même de Keira la Douce. L’œil droit était bleu et le gauche vert. C’était elle que les prophètes annonçaient à tue-tête. La descendante de la dernière Impératrice Tahora’Han. Le père, de peur de bouleverser sa femme, garda le silence et se mit à chantonner une berceuse pour les deux arcaëlliennes fatiguée. Dans un hoquet il murmura :

    « Un bien trop grand destin t’a été donné, ma fille…

    – Que… Que racontes-tu Axel ?

    – Not… Notre fille est l’Elue des Dieux, l’Enac.

    – Tu… Non ! Yazë se mit à pleure. Tu mens ! »

    Elle essaya de se lever mais retomba dans le lit, bien trop épuisée. Elle ne pouvait accepter cette vérité bien trop triste pour une mère. Désormais, le destin du monde reposait sur les épaules frêles de Mélinda. Comment était-ce possible ? Les Dieux ne pouvaient-ils pas en choisir une autre ? Yazë se laissa aller au chagrin tandis qu’Axel berçait tendrement le bébé. Pour lui, c’était une bénédiction et une marque de confiance des Divinités. Ils confiaient à ce petit être l’avenir des arcaëlliens. Et lui, en tant que père, devrait en faire un bon chef. Avant d’épouser Yazë il avait servi dans l’armée de Morloc puis il s’était mis à son compte en tant que mercenaire. L’art du combat était l’un de ses dons. Il maîtrisait légèrement la magie mais, pour lui, le fluide était l’art des faibles. Déposant Mélinda dans le berceau qu’il avait construit, il alla voir sa femme. Il fallait changer les draps qui étaient humide mais pour cela il fallait que Yazë se lève. Il l’aida à se mettre debout et à s’asseoir dans la chaise à bascule près du lit.

    Le temps passa, Mélinda due vite apprendre à tenir une épée et voler. Au début, son père lui donnait des cours théoriques sur le combat. Puis, vers les sept ans de la petite, il lui confectionna une épée à sa taille en bois ainsi qu’un mannequin. Elle devait passer de nombreuses heures à se battre contre son ennemi inerte. Par tout temps et en toute saison. Les années passèrent, Axel et Yazë eurent deux fils et une fille en plus de Mélinda. Vince était le second, cadet de Mélinda de deux ans, Ank, quant à lui, était le troisième et avait un écart de quatre ans avec Mélinda, enfin Tay’Ann, la petite dernière, avait six ans d’écart avec Mélinda. Les quatre enfants jouaient régulièrement ensemble mais bien souvent seuls les trois plus jeunes avaient ce privilège. Mélinda devait devenir plus forte, plus rapide, plus agile. Son père était très dur avec elle, trop parfois selon Yazë. Mais il répétait sans cesse :

    « L’avenir d’Arcaëlle dépend de toi, petite sotte ! Tu es l’Enac, comporte toi comme telle ! »

    Mélinda finit par oublier qu’elle n’était qu’une enfant et commença à avoir le cœur dur et l’âme insensible. Dans son sommeil, elle ne rêvait que de batailles épiques, lorsqu’elle était éveillait elle passait son temps à jouer de l’épée ou de l’arc. A onze ans, elle savait suivre une piste sur plusieurs kilomètres et tuer, sans avoir de remord, un animal. Contrairement à ses frères, Tay’Ann et Mélinda n’était jamais allées au village à quelques heures de la clairière. Elles devaient rester cacher à cause des lois de Morloc.

    « Le Dieu-Empereur est un imposteur, disait leur père, Il vous ferez esclaves en un claquement de doigt ! »

    Tay’Ann couinait souvent pour aller avec son père voir d’autres gens, elle voulait des amis. Mélinda, quant à elle, s’était murée dans un silence observateur. Elle parlait peu et obéissait sans réfléchir. Un vrai petit soldat à qui l’on dit quoi faire mais son père se demandait si elle ferait une bonne chef. Saurait-elle donner les ordres le moment venu ? Il décida de lui enseigner l’art de la tactique et l’obligea à donner des ordres à ses cadets. Un jour, elle obligea Tay’Ann, qui pleurait, à dépecer un lapin. Elle avait fait ça pour s’amuser plus qu’autre chose car, en vérité, elle savait que sa sœur n’irait pas bien en effectuant cet acte.

    Le temps passa, Mélinda devint une adolescente vive et agile, un peu trop silencieuse et observatrice. Ses frères et sa sœur, quant à eux, avaient développé des personnalités totalement opposé à l’Enac. Ank était rieur et joviale, Vince était joueur et aimait amuser la galerie tandis que Tay’Ann était coquette et féminine.

    La jeune tahora élue par les Dieux était tout en muscles et savait se battre mieux que son propre père. Elle n’avait que dix-huit ans et faisait déjà preuve d’une grande volonté. Elle haïssait Morloc, son ennemi naturel de par sa naissance. Mélinda était une guerrière aguerrie qui demanda un beau soir lors du repas :

    « Puis-je me rendre aux Cités Blanches, Père ?

    – Pas encore, personne ne sais que tu existes et cela doit rester ainsi. Ton heure viendra ma fille, maintenant mange. »

    C’étaient des paroles qui ne tolérées pas la réplique. Mais, malheureusement, elle allait bientôt quitter le doux foyer. Un drame approchait à pas de loup, prêt à tout détruire et réduire en cendre.

    C’était une journée pluvieuse où Mélinda était partie en chasse laissant les siens sous la protection d’Axel. Elle repéra une biche paissant tranquillement dans entre les arbres. Armant son arc, elle prit une inspiration et décocha sa flèche vers l’animal ignorant sa fin précoce. La pointe transperça la peau de l’animal qui émit un son de douleur. Son cœur était touché et la bête s’écroula, inerte et sans vie. Descendant de l’arbre où elle était, Mélinda repoussa sa natte noire sur son cou. Pour achever la créature, elle lui trancha proprement la gorge en offrant sa mort à Gar’Haz et Othab, l’un Dieu des Morts l’autre Divinité de la Nature.

    Alors qu’elle rentrée, la biche sur les épaules, elle eut un mauvais pressentiment. Ça sentait trop la fumée et le feu. Elle abandonna sa proie au pied d’un arbre et grimpa jusqu’à la cime de ce dernier. De là, elle voyait sa clairière natale. Il y avait des soldats tenant des torches et ayant enflammé l’écurie. Elle parvint à entendre les mots du chef de garnison.

    « Sir Axel et Dame Yazë, vous êtes accusés d’avoir dérogé aux lois de l’Empire Divin en cachant deux femelles tahoras mineures. De ce fait, votre sentence sera la mort sur place et vos bien reviendront à qui de droit, vos enfants seront vendus comme esclaves et votre demeure sera réduite en cendre. »

    Mélinda déglutit quand elle vit Ank et Vince sortirent leur épée et attaquer les soldats Impériaux. Ils furent vite mis hors d’état de nuire puis attaché solidement avec Tay’Ann. Axel fut attrapé, battu et pendu à une branche. Le sort de Yazë fut plus funeste, elle fut souillée par les soldats avant d’être battu et laissé sur le côté jusqu’à ce que la vie la quitte. Les chevaux d’Axel furent attachés à un arbre et le reste des animaux mis en cage afin d’être vendus. La nuit tombée doucement sur la clairière. Le chef de garnison s’octroya le droit de dormir dans le lit des parents de Mélinda.

    Mélinda fulminait, folle de rage. Elle n’avait pu agir car sa vie était trop précieuse pour être capturée si simplement. Elle allait venger les siens mais à sa façon. Descendant de l’arbre où elle était, oubliant sa proie du jour, elle marcha silencieusement jusqu’à un garde, ce dernier lui tournait le dos. Elle attrapa sa dague et lui trancha la gorge en silence. Il n’eut même pas le temps d’avertir ses comparses. Le deuxième arcaëlliens qui montait la garde était près de la maison. C’était trop dangereux de traverser la clairière à la vue de tous. Elle devait réfléchir et rapidement. Se dissimulant derrière un bosquet, elle analysa la situation. En faisant le tour de la clairière, elle arriverait d’abord à sa mère et, si elle était en vie, pourrait lui parler. En catimini, elle se déplaça silencieusement, tel un chat chassant sa proie. Après quelques instants, elle arriva au niveau de sa mère, aussi furtive qu’une souris, elle s’approcha du corps de sa mère, priant les Dieux pour qu’elle soit encore de ce monde. Arrivée au niveau de Yazë, elle murmura faiblement :

    « Mère ? Tu m’entends ? »

    L’arcaëllienne souleva ses paupières lourdes et douloureuse, la pauvre femme ne ressemblait plus à grand-chose. Son corps était un hématome géant. Sa respiration, saccadée et irrégulière, lui semblait difficile. Elle tenta, en vain, de lever une main vers sa fille chérie. Voyant qu’elle ne pouvait bouger, Yazë chuchota :

    « Mon enfant, Elle toussa, Sois forte et, Une nouvelle quinte de toux la coupa, Et deviens ce que le destin a voulu. Va, vie et grandis. »

    Mélinda avait les larmes aux yeux, elle ne pouvait perdre celle qui l’avait enfanté. Pas comme ça, pas maintenant. Elle posa une main sur le front de sa mère et y laissa un baiser d’adieux. Sa mère quitta Arcaëlle dans un souffle et des toussotements. Le cœur brisé, l’Enac attrapa son arc et encocha une flèche. Elle visa le garde le plus proche, si les autres lui sautaient dessus, elle pourrait parvenir à les tuer. Ils n’étaient que six. La flèche vibra et fendit l’air allant se ficher dans le crâne du soldat au milieu de la clairière. Il s’écroula, les yeux écarquillaient de stupeur et de frayeur. Voyant leur camarade au sol, les autres gardes cherchèrent l’origine de ce meurtre et leurs yeux tombèrent sur la tahora debout, les pieds ancrés dans le sol, prête à combattre épée en mains. D’abord il y eut un silence assourdissant puis des éclats de voix appelant le chef de garnison et enfin des bruits de courses. Les six recrues se ruaient sur l’adolescente qui les réceptionna à coup de lame. Une tête vola, un bras fut tranché, des bruits de côtes se brisants résonnèrent. Le combat fut rapide et sanglant. Mélinda était devenue une arme du fait de son éducation. Elle n’était cependant pas infaillible. Elle fut entaillée en plusieurs endroits mais rien de bien grave. Une fois les six soldats au sol, morts ou agonisants, elle cria :

    « Toi qui es leur chef, sort de MA maison et viens m’affronter vil mécréant ! »

    Un rire raisonna depuis le pas de la porte de la petite demeure et un arcaëllien sorti, marchant fièrement vers la tahora, sans même avoir son arme en main. Il enjamba le corps du garde qui avait été transpercé par la flèche et marcha vers Mélinda d’un pas lent et impérial. Il déploya ses grandes ailes d’une blancheur éclatante, son regard d’opale fixait la jeune arcaëllienne qui ne tremblait même pas. Le tahora, plus grand de deux têtes, toisa Mélinda. Un sourire se dessina sur ses lèvres rosâtres lorsqu’il vit le regard atypique de l’Elue des Dieux.

    « Alors, jeune fille, tu es l’Enac… Pas étonnant que ta catin de mère n’est pas voulu nous dire où tu étais. Ton chien de père ne s’est même pas défendu, sais-tu pourquoi ? C’était un lâche ! Un hors-la-loi qui méritait son sort. Et toi…. Le Divin Dieu-Empereur sera bien heureux de te décapiter.

    – Va te faire voir ! Tu ne m’auras pas, pas en vie en tout cas. Ton imposteur d’Empereur ne m’aura pas non plus. Je le tuerais de la pointe de mon épée. Je suis celle qu’Ils ont choisie ! »

    Le chef de garnison se mit à rire de plus belle et attrapa le visage de Mélinda entre ses mains. La jeune tahora se recula, lui crachant au visage. L’arcaëllien attrapa son épée sur son flanc gauche et engagea le combat. Il était habile, fort et rapide. Mélinda eut beaucoup de difficultés à parer ses coups. Mais, elle repéra une brèche. Lorsqu’il attaquait sur la droite, une faille s’ouvrait sur la gauche. La jeune guerrière en profita pour lui assénait un coup mortel. Le tahora, écarquillant les yeux et crachant du sang, tomba à genoux.

    « C…Comment ?

    – Ils m’ont choisi, je serais toujours protégée ! »

    A peine eut-elle finit sa phrase qu’elle trancha la tête du soldat vaincu. Une fois fait, elle courut vers ses cadets et les libéra. Tay’Ann pleurait à chaude larmes mais un regard de sa sœur la fit taire. Entrant avec Vince dans leur maison, ils prirent l’or et les vêtements dont ils avaient besoin. Ensuite, ils mirent en terre leurs parents. Ils confièrent l’âme de leur Père et de leur Mère à Gar’Haz et Jurk, son épouse.

    « Vous voyagerez de nuit, sous les ordres de Vince. Trouvez un navire qui vous conduira aux Cités Blanches et restez y, je vous rejoindrais une fois le Dieu-Empereur mort ! »

    Personne ne broncha, obéissant aux ordres de leur aînée. Ils prirent chacun un cheval et partirent. Mélinda resta un instant seule devant son ancienne demeure puis, elle attrapa une jument brune du nom d’Ataëlle et s’en alla.

    Elle galopa toute la nuit sans savoir où aller. D’abord sur l’est puis l’ouest. Après des heures de cavalcades, elle arriva devant une rivière. Le jour commençait à poindre.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:19

    Chapitre II


    Stoppant sa monture, elle posa pied à terre. La jeune tahora était couverte de sang des pieds aux ailes. Quelque chose d’inconnu bouillonnait en elle, une rage immense, incommensurable. Mais elle savait se tenir, avec lenteur et douleur, elle retira ses vêtements et se plongea dans l’eau froide du matin. Elle ressentit des picotements au niveau de ses plaies mais n’y prêta pas plus attention que ça. Elle s’immergea entièrement sous l’eau, gardant les yeux ouverts. Elle avait envie de hurler et de pleurer, elle ne le faisait pas. A quoi bon ? Ils étaient morts. Manquant d’air, elle ressortie la tête de l’eau et, comme pour faire front, elle murmura :

    « Je suis belle et bien seule désormais… »

    Son cœur se serra, elle posa une main sur sa poitrine et, alors qu’elle pensait pouvoir résister au chagrin, elle se mit à pleurer en insultant les Dieux. Elle les maudits de l’avoir choisie. Elle s’en prit tout particulièrement à Thaä, Dieu suprême d’Arcaëlle. Enfermée dans sa colère, elle ne remarqua pas le vent et la pluie arriver. Les bourrasques étaient de plus en plus fortes et froides. Mélinda commença à se calmer, sortant de l’eau. Elle fulminait toujours contre ces Dieux qui n’avaient pas protégé sa famille. Alors qu’elle enfilait ses vêtements, elle se demanda si elle allait accomplir cette prophétie qui lui avait tout pris. Mélinda monta en selle et lança son cheval au galop. Les branches giflaient le visage de l’adolescente en colère qui ignorait où aller. Alors qu’elle avançait rapidement au travers de la forêt, elle aperçut un village entre les feuilles. Elle décida qu’elle allait s’y rendre. Masquant son visage avec le capuchon de sa cape marron, elle fit tourner bride à Ataëlle. Le voyage jusqu’au village dura une bonne demi-heure. Etrangement, elle ne croisa pas âme qui vive. Se stoppant à une bonne dizaine d’enjambés de l’entrée, elle dissimula l’un de ses yeux sous un bandana, ainsi personne ne pourrait la rapprocher de la prophétie. De toute façon, elle ne voulait plus être l’Enac. Quittant sa selle, elle marcha à côté de la jument jusqu’au portes gardées par deux villageois vêtus de haillons. Ils ne la regardèrent même pas, trop endormi par la faim. Le village était misérable, sale et empestait la mort. Il y avait beaucoup de mendiant, handicapés ou pas, d’enfant à demi nu et de femme faisant le tapin. Les façades étaient grises et peu accueillantes, limite repoussantes. Elle demanda d’une voix autoritaire à un vieillard s’il y avait une forge, l’arcaëllien presque aveugle lui indiqua un chemin menant à l’établi d’un forgeron.

    Enchainant les rues et ruelles, elle arriva devant la devanture du fabricant d’armes. Le xen, de grande stature et aux ailes dorées, était torse nu sous son tablier. Sa peau luisait tant il transpirait. Son marteau frappait le fer sur l’enclume. S’avançant avec prudence après avoir attaché sa monture à l’entrée, Mélinda se gratta la gorge pour signaler sa présence. L’arcaëllien se retourna et ses yeux verts foncés fixèrent l’œil bleu de l’adolescente. Il posa les poings sur ses hanches et lui demanda d’une voix grave et autoritaire :

    « Tu veux quoi morveuse ? »

    Contenant son envie de frapper le malotru, l’Enac fit son plus beau sourire et sortit sa bourse bien ronde. Le regard du forgeron changea immédiatement, pris par l’appât du gain. Souriant en dévoilant sa dentition jaune et tordue, il invita Mélinda à entrer. La jeune tahora dit d’une voix froide et calme :

    « Règle numéro un : pas de question sur moi, règle numéro deux, ton prix sera le mien. Ça te va ?

    – Par Gadvaoi ! Tu es quoi toi ?

    – Règle numéro un, mon cher.

    – Ah, oui. Bien, t’faut quoi gamine ?

    – Un arc avec un carquois remplit de flèches légères mais meurtrières, une épée au fil tranchant. C’est tout.

    – Pour quand morv… Gamine ?

    – Je te donne une semaine. Travailles jour et nuit s’il le faut. Cent cinquante PO, ça t’va ?

    – Par mes Dieux, oui !

    – Bien, mets-toi à l’ouvrage et indique moi une bonne auberge. »

    Il lui parla de l’auberge de « La Douce », une auberge qui passait de mère en fille depuis deux-cent ans. Elle était tenue par une petite humaine replète aux yeux gris et à la chevelure argentée. Le lieu était à quelques minutes de la forge. Mélinda se mit en route vers sa destinée sans même le savoir. Elle avança dans les rues et avenues du village où la mort semblait être une invitée de marque. Ici un gamin adossé contre un mur, maigre la bouche ouverte et les yeux révulsés fixant les cieux dans l’attente de Jurk, là une vieillarde étendue sur les pavés, ne respirant plus. L’Empire semblait avoir abandonné ses sujets et cela révolta l’adolescente qui se rendit compte qu’elle ne pouvait rien faire. Elle arriva devant « La Douce ». La façade était un peu décrépite mais potable, les fenêtres étaient éclairées par la lueur de chandelles et d’un feu. L’arcaëllienne entra, poussant la porte de bois noir. Il y avait des miroirs sur le mur du fond qui lui renvoyaient son reflet. Une petite femme replète s’agitait autour d’une belle elfe, ajustant la robe de la Dame. Pendant que l’aubergiste jouait les couturières, Mélinda se dévisagea dans l’un des miroirs. Ses bras, bien que fin, cachaient de puissants muscles, son ventre plat semblait dur comme du bois et ses jambes longues musclées et athlétiques la rendaient un peu disgracieuse. Son visage, un peu pointu, était aussi blanc que le lait. Son nez, petit et rond, semblait moqueur et ses lèvres, autrefois rieuse, paraissaient tristes et affables. Soupirant, elle souleva le bandeau qui cachait son œil vert. Le reflet lui rendait un regard atypique, inquiétant et pourtant subjuguant. Elle ne remarqua pas l’humaine d’un mètre soixante derrière elle qui avait la bouche ouverte en un « O » de surprise. L’elfe était partie depuis quelques minutes déjà.

    « Mon enfant, tu devrais faire preuve de plus de prudence… »

    Murmura doucement la femme. Sursautant, l’adolescente lâcha son bandeau qui retomba sur son œil le voilant. Elle n’avait que sa vieille épée pour se défendre si besoin était.

    « Je me nomme Ougie Bazën. Je connais ton ascendance. N’es crainte, avec moi tu es en sécurité. Viens, je vais te montrer quelque chose d’important. »

    L’arcaëllienne à la peau noire invita Mélinda à la suivre dans les tréfonds de l’auberge. Après une bonne dizaine de marches descendues, elles arrivèrent dans une petite pièce chaude et lumineuse. Là se trouvait un bouclier décoré finement. Le dessin était scindé en deux. D’un côté une forêt luxuriante où paissaient tranquillement faune, flore et arcaëlliens, de l’autre un hiver semblait avoir éradiqué la vie. Sur un mannequin de bois se trouvait une tenue en cuir clair. La tahora s’approcha, les ailes frémissantes, du bouclier. Elle sentait que c’était à « elle ». elle passa un doigt curieux sur le bois du bouclier coloré comme un jour d’été.

    « Cela était à Keira la Douce, notre dernière Impératrice. Ça te revient aujourd’hui, Enac.

    – Qu… Quoi ? Je … Je ne suis….

    – Allons, j’ai vu tes yeux, petite. Elle retira la tenue du mannequin et invita Mélinda à l’essayer, S’il le faut, je peux la retoucher. »

    Délicatement, l’arcaëllienne attrapa les habits de son aïeule. Sans aucune pudeur, elle se mit en sous-vêtement devant Ougie qui rougit légèrement. Ce qui est étrange, c’est que l’habillement de Keira allait comme un gant à la tahora. Au poignet droit, Bazën passa un bracelet avec trois lunes ; une verte, une rouge au centre et une bleu à droite. Les Lunes de Daÿl. L’humaine s’inclina alors et murmura :

    « Bon retour, Altesse. »

    Devenant rouge comme une pivoine et secouant les mains, l’adolescente balbutia des choses incompréhensibles et inaudibles. Ougie sourit avec tendresse et attrapa la main droite de l’arcaëllienne prise de panique. Elle lui chuchota des mots rassurants et plein de sagesse. L’enfant élue par les Dieux s’apaisa et baissa la tête, naïvement elle assura :

    « Ce n’est peut-être pas moi… Ils se sont peut-être trompés de berceau ce jour-là… Je n’ai pas les épaules pour. Je n’ai même pas pu sauver mes parents alors… Des larmes coulèrent sur ses joues laiteuses, Alors sauver le monde… Comment y arriverais-je ?

    – La voie des Dieux est impénétrable, s’Ils t’ont choisi c’est que tu es apte. »

    Essuyant du revers de la main son visage humide, Mélinda eut un pâle sourire. Ougie devait avoir raison, elle ne pouvait qu’avoir raison d’ailleurs. Se redressant, l’adolescente hocha la tête comme pour se convaincre de sa force naissante. Elle ramassa sa cape, dissimulant ainsi ses ailes, et remis son bandeau sur son œil vert. Déguisée de la sorte, elle pouvait remonter dans la taverne sans attirer l’attention.



    Durant une semaine, l’humaine prit soin de la tahora, lui racontant des fables de l’ancien temps et des contes sur les Dieux. Elle lui apprit à coudre et à jouer de la harpe. Bien évidemment, jouer de la harpe ne s’apprend pas à la perfection en une semaine. Mélinda connaissait trois notes de l’instrument à la fin de son séjour. Lorsque le départ sonna, Ougie voulu lui faire cadeau du bouclier mais la jeune arcaëllienne refusa poliment. Elle dit adieu à sa protectrice du moment et se mit en route sur le dos d’Ataëlle. Elle ne savait pas trop où aller mais se dit qu’elle devait aller là où étaient les Résistants. Les Cités Blanches, le continent abandonné par l’Empire Divin. Elle avait entendu parler d’un port clandestin qui envoyait des navires là-bas. Mais pour y aller, il lui fallait se diriger vers le Nord de Kaïl, continent plein de dangers et de soldats Impériaux. Alors qu’elle quittait le village, elle remercia Thaä d’avoir placé Ougie sur sa route. Le Destin n’est que succession de faits après tout.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:19

    Chapitre III


    Son regard profond fixait l’horizon sans ciller, où pouvait-elle être cette personne qui lui manquait tant depuis toujours ? Il étira ses ailes noires et frotta la barbe naissante de son menton. On lui avait dit qu’elle était une traitresse, qu’elle avait voulu tuer son père. Lui, il ne pouvait le croire même s’il n’avait aucun souvenir d’elle, il ne pouvait l’imaginer ainsi. Il soupira doucement de façon lasse. Il savait que son père serait contre mais, un jour, il partirait en quête de sa mère. Le Prince Zack se le jura. Ses longs cheveux noirs flottaient dans le vent, libre comme l’air. Il entendit quelqu’un courir vers lui. Le jeune mzékils ne se retourna pas et écouta les pas se rapprocher.

    « Altesse, haleta l’esclave, Votre père vous demande. »

    Zack se retourna et détailla la pauvre gosse dont les os saillaient. Son collier d’esclave semblait trop grand, tout comme ses ailes blanches. Ces dernières étaient attachées par un arceau en fer forgé. La tahora, inclinait aussi bas que possible, avait des cheveux rouge et gras. Son visage, émacié, laissait transparaitre sa peur. Le prince, d’un geste de la main, la congédia. La jeune arcaëllienne d’une quinzaine d’années sortie en reculant. Le Prince Impérial attrapa son épée qu’il attacha à son flanc gauche. Il quitta ses appartement et enfila les couloirs jusqu’à une grande salle qui jadis fut le lieu où les Tahora’Han donnaient les bals. Aujourd’hui, des statuts des Dieu-Empereurs décorés sobrement l’endroit, au fond un trône finement décoré dominait. Le dossier, en bois noir, était orné d’un dragon ayant la gueule ouverte, les accoudoirs, couverts d’un velours aussi noir que le bois, se terminaient par des orbes. Sur l’assise un gros coussin en soie noire servait à adoucir la dureté du bois. Assis dessus, Morloc toisait son fils unique. Il avait bien des bâtards mais aucun n’était celui qui prendrait sa place. C’était lui, ce garçon qui lui ressemblait tant, qui prendrait le pouvoir. Mais il semblait aussi faible que son ancêtre Arhnt. Cet idiot. Le Prince s’inclina humblement devant son père, posant le genou gauche au sol. Il ne parla pas, on ne le lui avait pas ordonné.

    « Jeune Prince, Entonna Morloc, Notre histoire est la plus vaillante et la plus noble mais, par malheur et compassion, notre aïeul a laissé vivre la dernière idiote d’impératrice Tahora’Han. La rumeur veut qu’elle attendait un enfant et que de cet enfant viendrait celle qui me reprendrait le trône. Cela m’est intolérable ! Il y a quelques semaines, une patrouille a été éradiquée par une tahora. Nous ne savons rien d’elle, juste qu’elle est en liberté et, très certainement, la fameuse descendante de Keira. Il soupira et se gratta le menton, Trouves la, tues la et apporte moi sa tête ! Tu pars sur l’heure. »

    Zack inclina la tête, se leva et quitta la salle du trône sordide et sombre. Ainsi, il était envoyé en mission. Son père craignait-il pour sa place ? Sûrement. Mais, dans le fond, cette mission était une aubaine. En cherchant la tahora il pourrait également tenter de trouver sa mère. Cette partie de son cœur manquante. Un sourire illumina son visage pâle.

    Après avoir préparé sa besace, il alla aux écuries où il demanda deux chevaux. L’un pour servir de mule l’autre pour lui servir de monture. Le Prince soupira doucement en attendant ses chevaux, par où commencer pour trouver cette arcaëllienne ? Et surtout, pourquoi son père craignait-il un conte pour endormir les enfants ? Pour Zack, l’Enac n’était rien d’autre qu’une fable. Une histoire à dormir debout pour rassurer le peuple sur son avenir. Il passa une main dans sa chevelure noire corbeau et regarda les deux montures arrivées accompagnées d’un palefrenier. Le Prince ne remercia même pas son serviteur, il enfourcha sa monture, un étalon blanc, et partit vers sa destination encore inconnue. Il devait faire des recherches pour savoir par où commencer. Mettant son capuchon, il décida de partir vers la ville, plus précisément les bas-quartiers. Les langues se délient devant fortes sommes. Le pavé glissant à cause de la pluie ne l’empêchait pas d’avancer à un bon rythme. Il arriva au port où il repéra plusieurs navires peu fréquentables.

    Tenant ses chevaux à la bride, il marcha dans la nuit noire à la recherche de réponse sur cette tahora dont il ne savait rien. Les mendiants étaient nombreux dans les bas-quartiers. Cul-de-jatte, prostituées, aveugles, tant de misère pendant qu’au Palais on se prélassait près du feu en félicitant le Dieu-Empereur de son règne de sagesse. Où était la sagesse dans le fait d’enchainer des nouvelle-nées sous prétexte qu’elles pourraient ravir le trône Impérial ? Le Prince ne portait pas son père dans son cœur, loin de là. Il était persuadé que Morloc était fou et avide de pouvoir. Mais, ce mzékils quels que soient ses défaut, était son géniteur. Il lui devait respect et obédience. Alors qu’il était dans ses pensées, il entendit une voix masculine crier. Il tourna la tête et vit un elfin au pilori. La tête et les mains étaient attachées par un carcan de bois. Le Prince, intriguait, s’approcha du prisonnier. Il le détailla. De grands yeux verts, une chevelure grisâtre, des ailes de petites tailles de la même couleur.

    « Pourquoi es-tu là, elfin ?

    – Pour avoir défendu ma mère et ma jeune sœur des soldats du maudit.

    – Du maudit ?

    – Celui qui s’prend pour un Dieu mais qu’est juste un mzékils avec un trône. »

    Ainsi son père était surnommait par le peuple le maudit… Intéressant en soi. D’une voix calme et trainante, Zack dit à l’elfin.

    « Sais-tu que je pourrais te faire couper la tête ?

    – Et pourquoi ça ?

    – Parler de son souverain en ces mots n’est pas tolérable.

    – T’es un soldat ?

    – Non.

    – T’es personne alors ?

    – Je suis le Prince. »

    La bouche de l’elfin s’ouvrit en un grand « o » de stupeur, il bafouilla des excuses plus incompréhensibles les unes que les autres. Même si aucun rire ne se s’échappa d’entre les lèvres du fils de Morloc, il ne put s’empêcher de sourire. La route serait longue sur les routes, un compagnon ne lui serait pas inutile. Il proposa, avec un calme impérial, au manant :

    « Si tu souhaites une liberté, je t’invite à me servir d’écuyer. Je t’apprendrais l’art de l’épée et le don des mots. Si tu refuses mon offre, je te ferais couper la tête.

    – Ben… Bien évidemment j’ai pas envie qu’on m’coupe l’tête alors jprends l’premier choix, Sir. »

    D’un coup d’épée bien placé, il cassa le cadenas qui enchainé le bougre. L’elfin se présenta sous le nom d’Hùlikcz. Zack lui demanda s’il savait monter à cheval et lui donna la mule. Dans la nuit sombre et froide, ils quittèrent la capitale pour aller chercher des informations dans les temples et les villages. Le Prince ignorait à peu près tout sur cette arcaëllienne sauf qu’elle était une tahora et avait les yeux vairons. Un bleu et un vert, chose très rare dans le monde.



    Le temps s’écoula et ils ne parvinrent pas à trouver d’informations sur la demoiselle en fuite si ce n’est qu’elle avait des frères et une sœur qui avait pris la fuite vers les Cités Blanches. Cela ne l’aidait en rien… Assis près du feu, il regardait le ciel clair-obscur où quelques étoiles pointées le bout du nez. Il venait de donner un cours d’escrime à Hùlikcz. L’elfin était plutôt fort, comme nombreux de ses congénères, mais pas très habile avec une lame. Mais, le Prince en était sûr, il apprendrait. Il se laissa tomber en arrière, les bras croisé derrière la tête, il tenta de se souvenir, une fois encore, du visage de sa mère. C’est fou comme quelqu’un que l’on n’a pas connu peut vous manquer. Je la retrouverais aussi. Songea-t-il. L’elfin laissa échapper un ronflement sonore et bougea dans son sommeil. Zack devait dormir aussi même s’il doutait d’y arriver. Cette tahora occupait ses pensées plus que n’importe qui. Il ne voulait pas décevoir son père, cela lui serait sûrement fatal de toute façon. Il frissonna au souvenir de cette esclave qui s’était dressée contre Morloc, tentant de mener une rébellion. Elle avait subi les pires sévices qu’une arcaëllienne puisse endurer. Viols, fouet, tortures. Depuis, elle était aussi soumise que peut l’être un être vivant. Lorsque c’était arrivé, le Prince avait quinze ans. Il avait dû assister au supplice de la tahora qui était à peine plus âgée que lui. Le Dieu-Empereur avait décrété que ça forgerais l’âme de son fils unique. Pauvre femelle… Elle avait perdu tout espoir de liberté et quand il n’y a plus d’espoir, la vie nous quitte petit à petit. Fermant de nouveau les yeux, le jeune mzékils étendit ses grandes ailes noires et soupira. Il fallait dormir.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:20

    Chapitre IV


    Mélinda avançait de préférence la nuit sous le couvert des arbres. Jusqu’à présent elle n’avait croisé que des caravanes marchandes. Exceptionnellement, elle avait décidé de parcourir le vieux marais puant de jour, espérant ne pas croiser de vils gredins. Mais, à croire que les Dieux la testaient, les vœux ne sont pas toujours exaucés. Marchant à côté de sa monture, la tenant par la bride, elle entendit craquer une branche sur sa droite. Elle réajusta son cache-œil et sa cape puis demanda s’il y avait quelqu’un. Un bruit de cracha répondit à sa demande, sortant d’un peu partout, des brigands l’encerclèrent. Lâchant son cheval, elle dégaina son épée aussi vivement qu’une vipère peut mordre. Grogna de mécontentement, elle compta cinq arcaëlliens. Deux aracnor aux mandibules claquantes, une elfe de grande taille aux cheveux courts et roux, un adolescent humain qui jouait fausse note dans le décor et un virenpien à la peau écailleuse de couleur verte et aux dent petites et pointues. La jeune arcaëllienne, jugeant qu’il serait dur de gagner contre les cinq personnes face à elle, se résigna à dialoguer.

    « Qui est le chef, demanda-t-elle avec force.

    – Je suis celle qui donne les ordres. Répondit l’elfe sous le regard grognon du virenpien.

    – Je n’ai que mon cheval et mes armes, je suis orpheline et ne cherche pas la guerre. Passez votre chemin et vous serez saufs. »

    Les malandrins se mirent à rire de bon cœur. L’elfe attrapa son arc et mit en joue la tahora.

    « Eh bien, donne-nous le peu que tu as, fillette. »

    Cracha la rouquine. Soupirant, l’Enac retira son bandeau afin de mieux voir et lança l’offensive sur la chef. Son épée frappa dans le vide pourtant la rousse n’avait pas bougée. Non, elle s’était juste agenouillée sous les regards interrogateurs de ses compagnons. L’adolescente, surprise autant que les quatre autres, resta bouche bée.

    « J’ignorais que tu étais mais, ma foi, tu es. Frères, l’Enac est face à nous.

    – Qu… Quoi ? Je… Je ne suis pas….

    – … Tes yeux ne peuvent mentir, jeune fille. Lâcha l’elfe. J’ai trois-cent ans et des poussières. J’ai servi sous Keira la Douce et je ne peux que reconnaître ces yeux uniques entre tous. Tu celle que le monde attend.

    – Comment peux-tu en être si sûre, elfe ?

    – Je suis Öerb’Gan, Générale des armées de Keira. Réduite à faire du banditisme pour survivre. Recherchée par l’Empire.

    – Peut-être que les Dieux se sont trompés ! Hurla Mélinda, prise au dépourvu. Je… Je…

    – Tu es l’Elue des Dieux, la favorite de Thaä. J’obéirais à tes ordres. Désormais je suis ta servante.

    – QUOI ???? Cria l’adolescente, encore plus surprise. »

    Elle tourna la tête vers le virenpien, le seul à ne pas être à genoux. Elle soupira de soulagement en voyant son regard amusé et moqueur. Il ouvrit grand la bouche et se mit à rire avant de déclarer :

    « C’est CETTE gosse qui doit sauver le monde ? Elle n’est même pas en âge de procréer… J’vais pas lui obéir. J’me casse ! »

    Il tourna les talons et s’enfonça dans le marais sous les regards choqués de ses camarades. Öerb’Gan, la tête inclinée, soupira de dépit. Mélinda, un peu perdue, demanda juste le droit de passage à ses nouveaux alliés. L’elfe demanda si elle voulait être accompagnée et la jeune tahora lui répondit que non. Cédant le passage à l’Enac, la rousse se releva. Mélinda passa et partie vers la sortie du marais. Une fois le marais passé, elle arriva sur une plaine luxuriante et verdoyante où paissaient tranquillement des ovins et des bovins. Il y avait de ci et de là des bergers veillant leur troupeau. Elle devait être proche d’une ville ou d’un village agricole. Ajustant son cache-œil pour ne pas être reconnu, elle avança sur la plaine avec assurance. Son épée était attachée à la selle de son cheval, à droite. Mais elle douta fort de devoir se battre ici. La plaine était vaste et vallonnée, elle allait mettre quelques temps à rejoindre la forêt qui se dessinait à l’horizon, de plus la nuit approchait rapidement amenant le froid. Elle décida de s’établir sous un rocher pour dormir. Elle sortit une miche de pain et en mangea quelques bout, ici elle ne pouvait chasser du gibier. Le pain était dur, limite rancit. Mélinda se força cependant à combler son estomac affamé.

    Le lendemain, à l’aube, elle reprit sa route. Sa monture étant reposée, elle la lança au galop afin d’aller plus vite. Elle ne pouvait rester à découvert trop longtemps. De plus, au loin, elle aperçut des soldats errants. L’Empire était partout. Après quelques heures de cavalcade, elle arriva à l’orée de la forêt. Elle y pénétra, le cœur léger et soulagé. Alors qu’elle avançait entre les arbres, elle se sentit épiée et suivie. Elle frissonna, se demandant si son esprit lui jouait des tours. Une branche craqua au-dessus d’elle, elle leva la tête et vit une araignée monstrueuse lui tomber dessus. L’animal, une aracnÿ, n’était pas réputé pour être intelligent. Elle fit claquer ses mandibules à quelques centimètres du cou de l’adolescente qui parvint à repousser la créature qui tomba lourdement au sol sur le dos. Elle agita frénétiquement ses huit pattes dans le vide. Sautant au bas de sa selle tout en attrapant son épée, Mélinda se dirigea vers la répugnante créature venimeuse. Avant que l’aracnÿ n’ait le temps de se remettre sur ses pattes, l’Enac lui enfonça sa lame dans le cœur. La bête cessa de gesticuler. Elle entendit alors des applaudissements venant de sa gauche. Un vieillard était là, la contemplant de ses yeux aveugles. Ses ailes jaunes de papillons laissaient présager qu’il s’agissait d’un xen. L’arcaëllien se courba sur sa canne et dit à la tahora :

    « Suit moi, jeune fille. »

    Suspicieuse, l’adolescente hésita longuement. Le vieux bonhomme soupira et ajouta :

    « Tu sais user de la lame, mais connais tu la magie ?

    – En quoi ça te concerne, vieillard ?

    – On m’a demandé dans un rêve de te former à l’art du fluide.

    – La magie c’est pour les faibles, Cracha Mélinda avec dédain.

    – Vraiment ? »

    Se tournant à demi vers la jeune tahora, le xen leva le bras et l’abaissa. Un éclair frappa à un centimètre des pieds de l’arcaëllienne. Elle fit un bond en arrière, surprise. Bougonnant, elle emboîta le pas à son professeur de fluide. Qui avait pu lui envoyer un message ? Thaä ? Attrapant son cheval, elle suivait avec méfiance le vieux à travers la forêt. Ils finirent par arriver dans une petite clairière très lumineuse où trônais une cabane en bois d’orme. Enlevant l’attirail de sa monture, elle posa le tout sous un arbre près de la maison du vieil arcaëllien.

    « Nous commencerons par Ka, la foudre. Mais pour ça, tu devras apprendre à maitriser tes émotions les plus sombres. Assis au sol en tailleur et pose les mains sur tes genoux. Toujours suspicieuse, Mélinda s’exécuta avec une certaine lenteur, Bien. Imagine un soir d’orage et les éclairs claquant dans les cieux. Maintenant, rapproche tes mains l’une de l’autre et voix le fluide prendre forme entre tes paumes. »

    Mélinda s’exécuta, sentant un chatouillement dans le creux de ses mains puis une chaleur et enfin un picotement. Elle tenait entre ses mains une boule de ka. Le xen demanda à Mélinda de se lever et de viser un arbre au hasard. La boule s’évapora à peine fut-elle debout.

    « Reste concentrée ! »

    Grogna le vieux maître en lui assénant un coup de bâton sur le crâne. Il lui ordonna de recommencer mais cette fois debout. On ne maîtrise pas la magie en une journée, il faut des années. Ainsi deux années passèrent avant que Mélinda ne parviennent à jouer du fluide. Maîtrisant mez, le feu, ka, la foudre, khan, la terre et aän, le soin, elle montra à son maître des talents cachés. Bien évidemment, l’élément qu’elle maîtrisait le mieux était le feu suivit de la foudre. Le soin était, dans son esprit, une option valable. Elle devrait approfondir son savoir mais le xen, vieux et malade, lui demanda de reprendre la route et de finir sa formation aux Cités Blanches.

    Cela faisait une semaine qu’elle avait quitté la clairière qui l’avait vu s’améliorer. Elle avait pris la direction d’un port clandestin juste derrière la forêt. Il faisait nuit noire et elle dormait dans un arbre quand elle fut réveillée par une branche craquant sous un pied. Sursautant, elle tomba de l’arbre. Un elfe et un virenpien se tenaient devant elle. L’elfe avait une longue chevelure brune et un regard d’acier, le corps de l’écailleux ne lui laissa aucun espoir de victoire.

    « Une tahora ? Hm, on va se faire du fric mon pote ! »

    Le virenpien se jeta sur l’adolescente qui n’eut pas le temps de réagir, elle se retrouva emprisonnée par un arceau de fer. Ne pouvant ni voler ni bouger les bras, elle se résigna. Elle avait échouée dans sa mission. Ils allaient la conduire au Dieu-Empereur et elle serait exécutée.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:21

    Chapitre V


    Ligotée comme un saucisson, enfermée dans une cage sur roue tirée par un cheval, Mélinda se débattait. Sa monture, attachée aux barreaux de la cage, suivait le rythme cadencé des mercenaires. Par chance, il n’avait pas retiré le cache-œil de la jeune tahora. Ainsi, ils ignoraient qui elle était. L’elfe chantonnait gaiement assis sur la roulotte devant l’attelage où était prisonnière l’Enac. Le virenpien, quant à lui, conduisait ce fameux attelage. La cage était si petite, que Mélinda était pliée en deux pour ne pas se cogner la tête contre le « plafond » grillagé de sa prison. Elle tenta d’utilisé son fluide de feu pour brûler les cordages mais il ne répondait pas. Pestant et maudissant les Dieux, elle implora les cieux pour ne pas mourir. L’elfe stoppa sa roulotte afin d’être au niveau de la cage. Il expliqua alors à la tahora :



    « Apparemment tu ne connais pas les lois, jeune fille. Le fait que tu sois d’apparence juvénile ne prouve pas ton âge mais tes armes, elles, montrent que tu es hors-la-loi.

    – Je n’ai rien fait de répréhensible ! Cracha l’adolescente.

    – Bien sûr, bien sûr. Et la loi interdisant les armes aux tahoras femelles, ça te dit rien ?

    – Non…

    – Ne t’en fait pas, on préfère se faire un maximum d’argent en te vendant à Owald, le gardien d’arène. Les soldats de l’Empire sont trop radins. Dit avec amusement le virenpien aux écailles noires.

    – Me… Me vendre… Bouche bée, Mélinda retint ses larmes de rage.

    – Oui. On est pas philanthrope…. Marmonna l’elfe amusé. »



    L’elfe conduisant la roulotte se plaça derrière la cage et se mit à nouveau à chantonner gaiement. Une tahora allait leur rapporter facilement trois à quatre cent pièces d’or. C’était là une affaire juteuse.



    Ils finirent par quitter la forêt et s’engagèrent sur un chemin de terre battue. Ils prirent la direction de la ville la plus proche. Allerthan. La ville d’Allerthan était l’une des plus grandes villes de l’Ouest en dehors de la Capitale. Son arène est assez réputée mais pas célèbre pour autant. Il y a un temple et des autels disséminés partout dans la ville. On y trouvait bon nombre d’auberges et tavernes. Dans les bas-quartiers la prostitution était de coutume et faisait loi quant aux plantes hallucinogènes elles étaient reines. Le marché se situait au centre de la ville et était le cœur de cette dernière. La ville offrait de nombreux produits tels que les tissus ou l’alimentation mais aussi des esclaves en tout genre. Mélinda, comprenant bien sa situation, se cala contre les barreaux de sa cage et songea à son avenir de gladiatrice. Avec un peu de chance elle mourrait vite.



    Les portes de la cité furent en vue assez rapidement. Gardées par des soldats qui contrôlaient les allées et venues, elle était en bois simple mais solide. L’elfe montra un laissé-passé en bois et ils entrèrent dans la ville. L’arène se trouvait à la porte Nord de la ville donc à l’opposé de leur emplacement. La cité était bruyante et mouvementée. Ici un mendiant, là un vendeur de poisson, là un boulanger, ici un marchand d’esclaves. Les maisons étaient toutes différentes et de tailles diverses. Certaines sur quatre étages, d’autre en plein pied. La tahora en prenait plein les yeux. Ou plutôt l’œil.



    Enfin ils arrivèrent devant l’arène et ils demandèrent à voir Owald. Le gardien alla chercher le maître d’arène, un petit homme grassouillet et chauve au visage rouge. Il salua les mercenaires qui firent sortir la tahora de sa cage. Se dépliant avec douleur, Mélinda toisa de son œil vert l’arcaëllien obèse. L’humain lui tourna autour tel un rapace avide de chair fraîche. Il conclut le marché en serrant la main de l’elfe et en lui remettant une bourse bien ronde. Il attrapa la corde qui maintenait Mélinda et la tira vers l’arène. Elle jeta un dernier regard à son cheval et s’enfonça dans le labyrinthe qu’était le lieu de combats.



    Après un dédale de couloirs plus ou moins lumineux, ils arrivèrent devant une petite cellule ouverte et vide. Dedans il y avait une couche à même le sol, une chaise et une table, une étagère. La lumière provenait d’une fenêtre barricadée. Owald poussa Mélinda dans la pièce et lui expliqua les règles de vie dans l’arène. La cellule était utilisée uniquement pour dormir. Le reste de la journée se déroulée sur le sable que ce soit pour les combats, les entrainements ou les repas. Ne comprenant pas bien ce qui lui arrivait, l’adolescente hocha la tête. Owald lui retira ses liens libérant ainsi les bras, les ailes et ouvrant la possibilité de mouvement à la tahora sous le choc. L’arcaëllien chauve lui pointa du doigt un collier de couleur verte.



    « Amène le, et ne trainasse pas ! »



    Perdue dans ses pensée, Mélinda hésita. Elle finit par se diriger vers la table en bois blanc et prit le collier de son asservissement. Contrairement aux colliers des autres esclaves, celui-ci permettait d’user du fluide.



    « Approche, nom des Dieux ! »



    Grogna l’humain avec mauvaise humeur. Il lui passa le collier et le verrouilla à l’aide d’une clef. Seule cette clef pourrait permettre d’ôter cet abominable collier. Il la poussa devant lui et la fit avancer à coup de pieds dans les fesses. Ils débouchèrent sur l’arène en elle-même, là où avait lieu les spectacles de gladiateurs. Des groupes d’arcaëlliens étaient formés et ils s’entrainaient dans une danse parfaite. Assise dans un coin, une elfe blonde buvait de l’eau, observant ses comparses puis son regard s’éclaira en voyant la nouvelle arrivante. Elle lança un regard discret vers un bracelet qu’elle avait au poignet droit. Il avait changé de couleur, comme l’avait prédit Keira La Douce. Mais… Pourquoi la jeune tahora avait-elle un cache-œil ? L’idée lui vint comme un coup de fouet : pour cacher sa différence. Owald beugla des ordres aux gladiateurs, insultant certains au passage. Disciplinés, les arcaëlliens se mirent en rang sur deux rangés. L’elfe se leva avec nonchalance et alla rejoindre ses frères et sœurs d’armes. Owald l’insulta copieusement ce à quoi elle répondit par un geste obscène.



    « Tu me le paieras, elfe ! Gronda l’homme. Nous avons une nouvelle dans nos rangs. Faut quelqu’un pour la former. Ben tiens ! Ayelline, tu vas t’en charger ! »



    L’elfe soupira et hocha la tête. Son regard clair se posa sur la tahora. Il fallait qu’elle soit sûre que cette arcaëllienne soit bien l’Elue. Malgré le bracelet magique, elle devait confirmer l’affaire en voyant les yeux de l’adolescente. Chose qui allait être ardue à cause du cache-œil. Ayelline fit signe à la jeune tahora de venir vers elle. Mélinda regarda l’elfe avec curiosité et appréhension. Qu’allait-elle encore subir ? Elle resta figer sur place, forçant Ayelline à venir la prendre par le poignet avec force. Mélinda se défit de l’emprise de sa formatrice d’un geste sec puis elle déploya les ailes pour se rendre impressionnante. Cela eut le don de faire rire l’ancienne soldate. Levant les yeux vers la voute de l’arène, elle vit le ciel. Croyant voir une opportunité de fuite, elle s’envola vers les cieux. La jeune arcaëllienne se heurta durement à un champ magnétique. Elle pesta en donnant de violents coups de poing dans la prison invisible. Lançant un éclair, elle fut à moitié assommée par le retour de foudre. Elle dégringola vers le sol et eut à peine le temps de se remettre qu’elle rencontra le sol avec force. Elle se releva après quelques secondes sous les regards amusés ou réprobateurs de ses camarades puis se dirigea vers les armes en bois. Elle se rua alors sur l’elfe, son ennemie de l’instant, et l’attaqua avec force et rage. Ayelline para avec grâce et souplesse chaque coups et finie par envoyer son poing dans le ventre de la tahora. Soufflée, Mélinda s’écroula sur le sable, se tenant le ventre. Suffoquant, elle écouta l’elfe lui parler.



    « Tout comme toi, je suis prise au piège. Grogna-t-elle avec conviction. Alors maintenant, retiens ça, je ne suis pas ton ennemie mais certainement ta seule alliée. Alors, du nerf et prends ton destin en main ! »



    Elle tendit une main amicale à l’Enac afin de l’aider à se relever. Hésitante, Mélinda finit par la saisir et se releva. Ayelline eut un sourire bienveillant et se présenta. Encore sous le choc, l’adolescente répondit :



    « Mélinda, Mélinda Warren si cela a encore du sens. »



    La gladiatrice sourit à sa protégée et alla chercher une épée en bois. Elle se mit en garde et exécuta une danse avec la tahora. Mélinda se montra un peu plus brillante dans ses actions mais sa colère allée grandissante. Pourquoi ? Se demanda-t-elle. Pourquoi moi ? Enchaina-t-elle en rage et en nage. Vous les Dieux, vous nous êtes supérieur de par votre statut mais nos choix sont à nous ! Pourquoi vous mêler de nos vies ? Continua-t-elle en parant les coups d’Ayelline. La journée passa entre entraînement et repas peu ragoutant. Quand l’heure du sommeil vint, Owald conduisit ses gladiateurs à leur geôle.



    Les jours s’écoulèrent sans que Mélinda n’ait de véritable combat. Mais, toutes choses arrivent à point. Un beau matin, Owald annonça que les jeux allaient avoir lieu l’après-midi. De ce fait, les gladiateurs restèrent la matinée entière dans leur petite prison personnelle. Un peu angoissée, l’Enac pria Thaä de lui venir en aide. Un oiseau de mille et une couleurs chanta devant sa fenêtre gaiement. Quand arriva l’heure des combats, Mélinda implora les Dieux, et surtout Gar’Haz la Divinité des enfers, de ne pas la laisser mourir. Elle entendit Owald ouvrir la cellule à côté de la sienne, celle de Falret, un xen aux multiples facettes puis elle entendit la clef cliqueter dans sa serrure. C’était l’heure de vivre ou de mourir. Elle se leva de sa paillasse où elle était allongée et se tint au garde-à-vous. Owald lui cracha de la suivre. La foule de spectateurs était en délire acclamant la nouvelle venue par son nom de scène : La borgne. C’est fou ce que les gens peuvent être imaginatif. Son premier combat, elle tremblait un peu. Elle passa devant la cellule d’Ayelline qui lui cria :

    « Soit forte et gagne ! »
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:22

    Chapitre VI


    Mélinda fut éblouie par le soleil ardant de l’été lorsqu’elle entra dans l’arène. Devant elle se dresser des armes diverses et variées. L’animateur de spectacle ordonna au xen et à la tahora de choisir une arme chacun. L’Elue des Dieux choisit une épée à deux mains. Le xen une lance. La foule en délire acclamait son champion favori. Une boule au ventre, Mélinda fit un signe de tête à Falret. Ce dernier la défia du regard attendant les ordres d’Owald.

    « Combat à mort ! Que le meilleur gagne ! »

    Mélinda se mit en position, de la sueur perlée sur son front moite. Elle jouait avec son fluide prête à en faire usage. Ce à quoi elle ne s’attendait pas c’est que le xen balance sa lance sur le côté et se transforme en loup noir. Elle n’avait pas vu ce genre d’exercices à l’entraînement. Prise de panique, elle invoqua un tigre de flammes qui se plaça devant elle. L’animal incandescent donna un violent coup de patte au loup qui couina et recula. La tahora devait analyser et vite. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse, cherchant un moyen d’attaquer le xen/loup sans y perdre un bras. Retirant une main de son épée, elle tendit le bras vers le ciel et invoqua une pluie d’éclairs mais, habitué des combat, le loup les esquiva presque tous. L’un des éclairs le toucha de plein fouet sur le dos. Une odeur de chair et de poils calcinés envahit les narines de l’arcaëllienne. Mécontent Falret grogna et se rua sur la jeune tahora toutes griffes dehors. Il venait de se transformer en lion. Le tigre se dissipa sur son passage car

    Mélinda en perdit le contrôle par peur. Elle baissa son bras toujours tendu et attrapa son épée avec fermeté. Bondissant, le lion fendit l’air et atterrit à deux centimètres de l’Enac qui avait fait un bond en arrière. Lançant une de ses puissantes pattes vers son adversaire, la griffant profondément sur l’avant-bras au passage, le lion rugit. La foule acclama le sang coulant et la férocité du combat. Les spectateurs étaient en haleine, les deux combattants étaient bons. De nouveau, Mélinda enleva une main de son épée et la tendit vers le sol qui se mit à frémir et trembler. Le lion/xen recula de quelques pas. Là où il se trouvait un instant plus tôt jaillit un pic qui aurait pu le transpercer de part en part. Mélinda eut l’impression que l’animal sourit et se moqua d’elle.

    « J’vais te crever ! »

    Grogna-t-elle mécontente. Elle ressaisit son épée et s’envola suivit par le regard interrogateur du xen. Une fois assez haut dans l’arène, elle replia ses ailes, se laissant tomber épée la première vers le lion. Au dernier moment elle les étendit et freina son élan. L’épée entailla profondément la gorge du lion qui n’avait eu le temps de se décaler. Il grogna et le public eut l’impression que l’animal insulté son adversaire. Se posant, Mélinda se maudit de ne pas avoir choisi l’arc. Les pieds ancré dans le sol, elle planta son épée dans le sable et se concentra sur ses mains presque jointe. Une boule incandescente apparut et fusa vers la gueule du lion qui n’eut guère le temps d’esquiver. Il se la prit de plein fouet en criant de douleur. Reprenant forme arcaëllienne, nu, le xen avait des cloques sur son visage à demi brûlé. Il lança à la tahora d’une voix forte :
    « Je n’ai jamais été vaincu, ce n’est pas toi qui m’éradiquera fillette ! »

    Il était hors de lui et ramassa sa lance. Mélinda, vive et rapide, se lança sur lui et l’embrocha sur son épée. L’arme avait transpercé le cœur, le xen était mort sur le coup ses belle ailes mauves cessèrent de battre, sa longue chevelure brune lui tomba dans les les yeux et du sang perla à sa commissure droite.

    « Salope ! »

    Dit-il avant que ses yeux gris s’écarquillent dans la mort. S’aidant de son pied gauche, Mélinda retira l’arme du corps pantelant de l’arcaëllien.

    « Gar’Haz est ton âme. »

    Chuchota Mélinda à l’oreille du xen sous les hourras et les ovations du public. Le combat avait été rapide mais les spectateurs avaient apprécié. Owald vint sur la piste, attrapa le bras armé de l’Enac et clama sa victoire. Le corps sans vie de Falret fut trainé vers la fosse tandis que l’adolescente était emmenée à l’infirmerie pour être soignée de sa griffure. La soigneuse, une elfe à la chevelure fauve et aux yeux de glace, observa la plaie de la tahora en grimaçant. Après quelques inspections, elle désinfecta sans aucune douceur la blessure puis utilisa le fluide de soin pour fermer l’ouverture. Réparant les tissus, elle soupira, lasse de ce travail. Une fois soignée, Mélinda eut le droit à un bout de pain avec du fromage de chèvre. On lui donna également de l’hydromel dans un godet. Affamée, la jeune arcaëllienne mangea avec appétit et goûta sa boisson. Elle savoura les deux mets puis s’allongea sur le lit de camp. Elle savait qu’à la fin du spectacle elle retournerait dans sa cellule. Les yeux lui piquaient un peu à force de se retenir de pleurer pour le xen qu’elle avait occis. Mais, elle

    tint bon et ne pleura pas, après tout désormais c’était son travail. Tuer ou mourir, telle était la devise de l’arène. Sans même s’en rendre compte, elle demanda aux Dieux d’épargner Ayelline.
    L’adolescente fut réveillée en sursaut par Owald qui beugler aux gladiateurs de se mettre en rang pour retourner dans leur cellule. Afin d’éviter le fouet, Mélinda se leva d’un bond et alla se ranger avec les autres. En file, ils furent tour à tour enfermer dans leur « appartement ». La jeune arcaëllienne fut soulagée de voir son amie en vie. Elle fut jetée dans sa cage sans même avoir pu lui parler. Son cache-œil faillit se défaire sous le choc. Dès le lendemain, l’entrainement reprendrait. Seuls les meilleurs avaient survécu ce qui n’augurait rien de bon pour la tahora.
    Owald comptait ses recettes du jour, les paris avait été bons et les entrées nombreuses. L’humain, cupide, entassait ses pièces d’or quand quelqu’un frappa à la porte de façon insistante. Il cria d’entrer, furieux qu’on le dérange. Il se reprit lorsqu’il vit qu’il s’agissait de soldats Impériaux. Le petit gros se leva promptement de son siège en velours noir et invita aimablement les gardes à s’installer dans son bureau chichement décoré. Il leur proposa de boire un verre mais les deux soldats refusèrent avec politesse
    .
    « Maître d’arène, entama le mzékils aux cheveux ébène, Notre Noble Dieu-Empereur aimerait un spectacle digne de Lui. Astu de bon combattant à proposer ?
    – Par les Dieux, oui. J’ai eu il y a peu une tahora. Elle est très douée. Ensuite j’ai quelques bons éléments.
    – Une tahora dis-tu ? A-t-elle les yeux vairons.
    – Non, elle a les yeux verts. Enfin un œil vert et un œil manquant. – Bien. Tu les feras conduire à la Capitale dès demain. Alzbey ne manque pas d’animations mais le Divin Empereur aime renouveler les spectacles.
    – Bien sur messire. Je mettrais en route une caravane dès l’aube.
    – Parfait. Bonne soirée Owald. »

    Les deux gardes quittèrent le bureau saluant d’un signe de tête l’humain. Owald, bien fier de lui, s’empressa d’aller quérir deux de ses soldats personnel et leur ordonna de préparer cinq gladiateurs dont Mélinda et Ayelline. Il fallait avouer que l’elfe était surprenante cela faisait des décennies qu’elle était dans l’arène et elle était toujours en vie. Il se frotta les mains, pensant à son bénéfice et à sa renommée. Il allait prendre du galon si ses champions gagnaient.

    Pendant ce temps, l’adolescente songeait à sa liberté perdue. Quand la retrouverait-elle ? Et surtout, comment ? Elle s’allongea sur le ventre sur sa paillasse à même le sol et posa sa tête sur ses mains jointent. Thaä doit me guider, mais il ne se montre pas. Songea-t-elle, en colère. La vie, elle l’apprenait, était bien injuste et dure. Pour vivre, elle avait dû tuer un innocent et elle s’en sentait souillée. Comment pouvait-on vivre avec un meurtre sur la conscience ? Elle soupira doucement et ferma les yeux, demain était un autre jour.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:22

    Chapitre VII


    « Debout fainiasse ! Hurla une voix féminine à la porte de la geôle de Mélinda. Tu pars en voyage ! »

    L’Enac, réveillée en sursaut, regarda, ahurie, la virenpienne aux écailles bleues.

    « En… Voyage ?
    – Pose pas de question ! Lève-toi !! »

    Obtempérant, Mélinda ajusta son cache-œil. Elle sortit de sa prison et vit quatre autres de ses comparses être dirigés vers la sortie. Elle fut soulagée, une fois encore, de voir Ayelline dans le lot. Les gladiateurs furent entassés dans une cage sur roues attachée à deux buffles. La caravane se mit en route sans que les prisonniers sachent où ils allaient. Cependant, trop heureux de voir du paysage, personne ne se plaint. Trois soldats les accompagnés, parlant entre eux de choses et d’autres. Silencieux, les gladiateurs se regardaient. Curieuse, Mélinda demanda à l’un des gardes où ils se rendaient. Peu enclin à parler à une prisonnière, l’elfin aux ailes grisâtres et aux yeux rouges répondit sans la regarder.

    « Alzbey. »

    Déglutissant, comprenant le piège mortel qui se refermait sur elle, l’Enac essaya d’élaborer un plan d’évasion. Elle chuchota aux autres son idée. Le plan était simple. Lors de l’arrêt de nuit, ils demanderaient à être sortis pour uriner. Etant plus nombreux, et peut-être plus forts, ils attaqueraient les soldats à l’unisson. C’était un plan fort simple qui serait sans doute efficace. Ayelline, un peu méfiante, se demanda pourquoi la borgne ne voulait pas aller à Alzbey. L’elfe fixa alors son bracelet. Elle en était presque convaincue, cette tahora était l’élue.

    La nuit commencée à tomber et les soldats stoppèrent l’avancée. Ulrich, un virenpien aux écailles oranges, demanda :

    « Hey, on peut aller pisser ? »

    Les gardes se regardèrent et parlèrent à voix basse entre eux avant d’accorder une sortie aux prisonniers. A peine la cage ouverte, les gladiateurs se jetèrent sur le soldat, une jeune lorcq aux yeux ambre. Elle fut projetée en arrière mais se releva bien vite. Le virenpien fut le premier à mettre le pied dehors et encaissa les coups de la garde. Les deux autres soldats, un peu surpris, mirent du temps à réagir. Sortant leurs épées, ils se ruèrent dans la mêlée. S’accroupissant, Mélinda posa ses mains sur le sol et une cage faite de troncs apparue, enfermant les trois tortionnaires.

    « Toi, l’elfin, donne la clef des colliers, gronda un lupan à la fourrure grise et à l’allure de loup-homme.
    – Plutôt crever ! Grogna l’elfin en serrant une petite clef autour de son cou.
    – Cela peut s’arranger, Dit l’Enac froidement. »

    Elle attrapa une lance et la pointa sur le cœur de l’elfin. L’arcaëllien, ayant envie de vivre, arracha le cordon de son cou et balança la clef aux gladiateurs qui ôtèrent leur signe de souffrance. Se frottant la nuque, l’adolescente récupéra ses armes. Elle dit adieux à ses comparses et commença à se diriger vers une forêt à quelques pas.

    « Hey ! Cria une voix bien connue derrière elle.
    – Pourquoi tu me suis, Ayelline ?
    – Je veux rester avec toi.
    – Mauvaise idée, elfe.
    – J’ai de l’expérience, tahora ! Et puis être seule n’est pas drôle.
    – Comme tu veux. Marmonna entre ses dents l’Enac.
    – Parfait ! »

    Ayelline se mit à côté de Mélinda et garda le silence. Elles pénétrèrent dans la forêt dense. L’elfe demanda à la tahora où elle comptait aller. Mélinda ne répondit pas, ignorant la question de son amie. L’ancienne soldate de Keira soupira, décidément, cette gamine était têtue et trop solitaire. Sans monture, rejoindre le port caché sera difficile. Songea l’adolescente. Ayelline essayait de faire la conversation mais, un peu trop songeuse, L’Enac ne répondait pas laissant l’elfe parler seule. Soupirant pour la énième fois, la gladiatrice se frotta le front. Elle avait passé des années dans l’arène sans se douter que celle qu’elle cherchait viendrait à elle sans qu’elle n’ait le moindre effort à faire. Maintenant qu’elle était libre avec la raison de son existence, elle ne savait pas par où commencer. Déjà, elle devait contrôler le second œil de la tahora ce qui serait ardu étant donné qu’elle ne retirait jamais son cache-œil.

    « Tu as quel âge, Ayelline. Demanda brusquement la tahora.
    – Bien plus que toi. J’ai plus de 200 ans à dire vrai j’ai arrêté de compter après deux siècles.
    – Donc, tu as connu la grande guerre ?
    – Oui… Triste souvenir.
    – C’est pour ça que tu étais à l’arène. Tu étais une anti Arhnt ?

    – Je suis anti Mzékils’Han mais non, ce n’est pas la raison de ma présence en ce lieu. Elle soupira doucement, se pinçant l’arête du nez, J’ai tué un soldat il y a de ça trente-six ans. Il a voulu… Me violer. Je me suis défendue mais, ce que j’ignorais, c’est qu’il s’agissait d’un lieutenant… J’ai été rapidement arrêtée et mise au combat.

    – Je vois. Mélinda devint songeuse. Trente-six ans et tu as survécu… Tu dois être une sacrée combattante.
    – Je me débrouille.
    – Fais pas ta modeste ! »

    Ayelline ne put s’empêcher de sourire. Elle n’était pas modeste, loin de là. Elle aimait fanfaronner et par-dessus tout boire de bonne pinte en bonne compagnie. Je ne suis pas prête d’en boire une avec cette adolescente… Songea-t-elle pensivement. L’Elue des Dieux s’arrêta brusquement, elle fit signe à l’elfe de se taire. Venant d’un buisson, il y avait un son étrange. Dégainant son épée, Mélinda somma la créature de se montrer. Ayelline avait encoché une flèche sur son arc, prête à débander les bras.

    « Vous allez me tuer ? Demanda une petite voix fluette.
    – Qui es-tu ? Tonna Mélinda.
    – Arbazn, l’esclave en fuite. Il avait murmuré les trois derniers mots mais elles les avaient entendus.
    – Sors ! »

    Sortant du buisson, mesurant à peine un mètre trente, un petit arcaëllien aux cheveux de neige se releva. Son regard pourpre se posa sur les deux arcaëlliennes le tenant en joue. Un pâle sourire illumina son visage. A son cou se trouvait un collier rouge sang. Abaissant son arc et relâchant la corde de son arme, la soldate murmura, surprise :

    « Une cible de l’Empire… »

    Le gosse se frottait les genoux qui étaient terreux. Puis, il dévisagea Mélinda puis Ayelline. Elles ont l’air de fuir aussi. Songea le gamin. Alors qu’ils étaient en train de se regarder dans le blanc des yeux, un chien –ou plutôt une meute – aboya dans le lointain.

    « Mince, ils ont retrouvé ma piste ! Barrez-vous ! »

    Il se mit à détaler vers le nord à toutes jambes, suivi de près par les deux arcaëlliennes. Les chiens et le bruit des sabots n’étaient pas là pour rassurer ce joli petit monde. Arbazn courrait très vite, ce devait-être un lorcq, ces être se nourrissant de fluide. Mélinda et Ayelline ne tardèrent pas à être distancée. Ils étaient proches, à peine cinq cent mètres derrière.

    « On va se cacher dans un arbre. »

    Cracha Mélinda à bout de souffle. Elle attrapa l’elfe sous les aisselles et s’envola vers la cime d’un arbre très grand. Une fois à bonne hauteur, elle déposa délicatement la blonde et se posa sur une branche juste au-dessus. La troupe de chasseurs passa, ce n’était pas elles qui étaient pistées mais le gosse. Elles l’avaient, cependant, échappée belle. Suivant de son œil vert les cavaliers, Mélinda soupira de soulagement et s’adossa au tronc. Elle attrapa sa besace et en sortie deux cordes. Elle en tendit une à l’elfe et lui intima de s’attacher pour la nuit. L’elfe, surprise, obéit sans un mot. Il est vrai que si elle tombait de cette hauteur, elle finirait en bouilli. Il faut avouer que dormir en étant saucissonné n’était pas la meilleure des manières de se reposer, mais elles parvinrent à dormir un peu.

    Un bruit réveilla en sursaut Mélinda et Ayelline, un son qui n’avait pas sa place dans la forêt. Des cavaliers. Se détachant, l’Enac regarda depuis les hauteurs la troupe passer sans s’arrêter. Ayelline s’apprêta à parler mais un geste de l’adolescente la fit taire. Après une bonne demi-heure d’attente, la combattante décréta qu’elles pouvaient descendre de l’arbre. Une fois au sol, elles se remirent en marche dans un silence assourdissant. Au moindre bruit, elles se cachaient dans les taillis. L’elfe sentait que la tahora n’avait pas confiance en elle et elle trouva cela fort triste. Qu’avait-elle vécu pour ne plus croire en l’arcaëllien ? La jeune élue marchait vite, d’un pas déterminé.

    « J’ai une question. Lança Ayelline
    – Poses toujours. Grogna l’adolescente.
    – Qu’as-tu vécu pour être aussi froide ? »

    Ne répondant pas, Mélinda ajusta sa cape et avança encore plus vite. Elle ne voulait pas parler de ça. Elle ne voulait pas ouvrir à nouveau la plaie à peine cicatrisée. Elle se contenta de dire :

    « La vie m’a rendu ainsi. »
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:23

    Chapitre VIII


    Le Prince et son nouvel ami parcourait Kaïl à la recherche de l’Enac. Des bruits courraient sur une tahora extrêmement forte et plutôt jeune enfermée dans une arène. Zack, curieux de nature, avait décidé d’aller voir ce qu’il en retournait. L’arène d’Allerthan n’était pas très réputée, son gardien était un homme cupide qui achetait des arcaëlliens même s’ils n’avaient pas commis de crime. Le mzékils n’aimait pas ça. Il regarda Hùlikcz qui avait une bien plus belle allure qu’à leur rencontre. Le jeune elfin s’était natté les cheveux et, son regard ainsi dégagé, semblait scruter le tréfonds de l’âme. Le seul désagrément c’est que l’arcaëllien était excessivement bavard. Il trouvait toujours à commenter un lieu, un fait ou une parole. Mais, Zack devait bien se l’avouer, ça l’amusait quelque peu.

    « Zack, regarde ! »

    Lança soudain l’elfin en pointant du doigt une roulotte où étaient enfermés des gardes. Des prisonniers avaient dû se faire la malle et emprisonner les pauvres bougres. Lançant leur monture au galop, le Prince et son acolyte furent vite au niveau des malheureux. Un sourire en coin, le mzékils demanda qui était le chef. L’un des arcaëllien leva le bras.

    « Bien, tu vas me répondre alors. Que s’est-il passé ?
    – Les gladiateurs nous ont tendu un piège… Ils nous sont tombés dessus en masse.
    – Combien étaient-ils ?
    – Cinq, Sir.
    – Je vais vous sortir de là, mais avant j’ai une dernière question. Y avait-il une tahora ?
    – Oui, une borgne. »

    Une tahora borgne ? Intéressant et très bon moyen de cacher des yeux vairons. Le Prince attrapa la clef qui était accroché à l’encolure d’un des bœufs. Il ouvrit la cage et demanda au chef de venir vers lui et de tendre le bras horizontalement. Dégainant son épée, il trancha le membre. Le bougre hurla de douleur et tomba au sol. Le sang giclait du membre sectionné, tachant l’uniforme du soldat et le sol. Rengainant son arme, le Prince cracha :

    « Prends cela comme un avertissement, la prochainement fois ce sera ta tête ! »

    Zack remonta en selle imité par son ami qui avait la bouche bée. Comment pouvait-il être si froid ? Pour une fois, Hùlikcz fit silence. Avant de partir, le mzékils demanda par où était partie la tahora. On lui indiqua la forêt. L’étau se resserrait, il allait bientôt rentrer avec la tête de cette emmerdeuse. Mais pour l’heure, il fallait remonter sa piste. Elle était partie depuis trois jours, elle pouvait être loin. Il pesta et lança son cheval au galop. Au bout d’un certain temps, ils arrivèrent à l’orée de la forêt, elle était lumineuse et belle. Mais le Prince s’en contrefichait bien. Ils pénétrèrent dans le lieu et avancèrent avec une certaine prudence. Il devait y avoir des bandits. Pas que cela effraie le Prince ; à quinze ans, il avait exécuté son premier coupe-jarret. Il maitrisait bien mez, très bien même. Le fluide de feu était une part de lui. Il était capable de s’enflammer et de lancer de puissante boule de feu sur ses ennemis. Il avait également une invocation de flammes, un bsurt. Un loup de la taille d’un cheval. Il avait nommé cette bête Yüter.

    Hùlikcz, encore perturbé par la scène qui avait eu lieu plus tôt, était plongé dans ses pensées. Peut-être que le Prince serait pire que son père une fois sur le trône. Il savait qu’il ne pouvait se permettre ce genre d’idées mais il ne pouvait s’en empêcher. Zack avait fait preuve d’un sang-froid et d’une froideur à toute épreuve. Il songea qu’il se devait d’obéir sans réfléchir à celui qui était son maître. Zack remarqua le visage pensif de son camarade et il déclara :

    « Mon père ne lui aurait laissé aucune chance. Je l’ai puni durement, c’est vrai, mais il vaut mieux un bras en moins qu’une tête coupée. »

    Le jeune elfin ne répondit pas et se contenta de hocher la tête. Il aurait aimé répondre quelque chose au Prince mais la peur lui coupa la chique. Quand le monde avait-il sombrait dans la barbarie légale ? Il pensa à cette Enac et la possibilité qu’elle change le monde. Mais… Il devait aider le Prince à la tuer. Le jeune arcaëllien soupira, vivant un réel malaise. Ses convictions étaient détournées par ses obligations. Zack arrêta sa monture soudainement et attendit son acolyte. Il posa une main sur l’épaule droite de l’elfin et déclara :

    « Je suis navré pour cet arcaëllien mais… Il le fallait.
    – Il ne pourra plus travailler, Sir.
    – Il trouvera une occupation. Maintenant, regarde ces traces, elles sont fraîches. Des cavaliers sont passés par là. Et, regarde, dans les emprunte des chevaux on voit quatre pieds. Nous sommes sur la bonne piste. »

    Hùlikcz hocha la tête, la quête avant tout. Ainsi, l’Elue n’est pas seule. Songea le Prince. Qui est avec elle ? Se demanda-t-il. La nuit allait tomber, le Prince proposa qu’ils établissent un campement ici pour la nuit.



    ****

    Mélinda, étendue sur le dos dans la clairière, regardait le ciel de son œil vert. Ayelline dormait déjà d’un sommeil agité. La jeune tahora ferma les yeux pour rejoindre le monde des rêves. Elle se mit bien vite à respirer lentement et régulièrement. Elle ne sentit pas le froid envahir le lieu. L’elfe par contre se réveilla. Il y avait une lueur blanchâtre entre les arbres qui soufflait à Ayelline de venir à elle. Prenant son arme, elle se leva déposant une couverture sur Mélinda. Lorsqu’elle arriva à hauteur du spectre, quelle ne fut pas sa surprise que de reconnaitre le visage de Keira.

    « Im…Impératrice ? Chuchota l’elfe surprise.
    – Et bien, comme tu as grandi, petite Ayelline. Il faut que tu saches quelques choses, vient avec moi. Ne t’en fait pas pour ma descendante, elle est protégée par Thaä. Regarde là-bas. »

    Ayelline suivit le doigt fantomatique qui montrait un tigre bien étrange. Il était de mille et une couleurs. Un émissaire de la Divinité. Emboitant le pas à l’étrange apparition, Ayelline resta silencieuse. Après quelques minutes de marches, le fantôme s’arrêta. Elle se mit alors à parler de ses derniers instants, de la naissance de ses jumeaux.

    « La légende dit que vous n’avez eu qu’un fils ! S’exclama l’elfe.
    – Ne sais-tu pas que les légendes sont souvent fausses ? Keira soupira. Actuellement j’ai trois jeunes descendants, deux tahora : Mélinda et Keira et un mzékils : Zack.
    – Le… Le Prince ?
    – Oui. Sa mère est issue d’une des branches de mon arbre généalogique. Abby Maäly vous aidera une fois que vous serez aux Cités Blanches. Mais attention, vous êtes suivi de près.
    – Par qui ? »

    Keira la Douce sourit et s’évapora dans les airs. Cela était perturbant. Le Prince était un cousin éloigné de Mélinda ? Et cette Keira, qui était-elle ? Retournant au campement, Ayelline vit que Mélinda était assise. Cette dernière demanda à l’elfe où elle était. La Gardienne de l’Enac répondit qu’elle était partie uriner. L’arcaëllienne se coucha, songeant aux mots de l’Impératrice déchue. Elles étaient suivies mais par qui ?

    Le jour se levait tranquillement, Mélinda rangeait les affaires de la nuit et Ayelline préparait le repas du matin. La visite de Keira la Douce l’avait perturbée mais, au moins, elle était sûre que la tahora face à elle était l’Enac, sa protégée. Elle devait faire comprendre à l’adolescente qu’elle savait. Mais comment le faire sans risquer d’être tuée par la tahora ? Elle soupira, un peu excédée.

    « Mélinda…
    – Ouais ?
    – On doit parler de quelque chose et je te prie de garder ton calme.
    – Accouche… Grogna la tahora.
    – Je sais ce que tu es….
    – Une tahora ? Dit ironiquement l’Enac.
    – Entre autre. Je sais que ton œil sous le bandeau n’est pas absent ou percé. Il est juste bleu. Tu es… Ayelline soupira un peu inquiète. Tu es l’Enac.
    – Prouve-le !
    – Retire ton cache-œil…
    – Cela prouverait quoi ?
    – Que mon bracelet n’a pas changé de couleur pour rien.
    – Hein ? De quoi tu parles ? L’adolescente soupira en voyant le regard déterminé de son aînée. Bien, comme tu veux. »

    Elle défit le nœud maintenant le bandeau dévoilant son œil bleu clair. Elle lança un « Satisfaite » à Ayelline qui souriait. L’elfe s’inclina devant la jeune tahora qui pesta dans tous les termes possibles. Elle n’avait rien demandé. Et voilà qu’elle était affublée d’une mission suicide. Saloperies de Dieux ! Songea-t-elle.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:24

    Chapitre IX


    Remarquant des traces de pas non loin de leur campement, Hùlikcz informa Zack qu’il y avait eu du mouvement cette nuit. Remontant la piste, ils arrivèrent à une clairière déserte où des braises ardentes fumées encore. Le Prince s’accroupie et observa l’ancien feu, un sourire se dessina sur son visage, ils se rapprochaient de la fille. Se frottant les mains, il se releva. La matinée était fraîche et humide. Le jeune mzékils aux ailes de nuit attrapa la bride de son cheval et monta en selle. Avec une monture il rattraperait plus vite la fugitive. Une idée germa alors dans son esprit. Et si… Oui ! Il pouvait contrer son père, le doubler faire de ce monde quelque chose de meilleur. Non, il n’allait pas venir directement en aide à la tahora, c’était son ennemie malgré tout mais, il allait déclencher une guerre qui ferait d’une pierre deux coups. Morloc et l’Enac s’entretueraient et lui, il monterait sur le trône. Un sourire plus que satisfait se dessina sur sa face pâle. Il appela l’elfin. Ce dernier, déjà en selle, s’approcha.

    « Je vais te confier une mission. Tu vas espionner l’Enac pour moi. Points forts et faibles ne devront t’échapper. Mais pour ça, il faut que tu sois une pauvre victime.
    – Hein ? »

    Avant qu’il n’ait le temps de réagir, il se retrouva au bas de sa selle, le nez en sang. Zack venait de lui assener un violent coup de poing.

    « Par Thaä ! Tu es fou ?
    – Non, j’ai un plan. Retrouve les filles en expliquant que tu as été détroussé par des mercenaires. Oh, et donne-moi tes armes. »

    Hùlikcz obéit bon gré mal gré et s’en alla à pied dans la direction des pas. Il erra longuement lorsqu’il aperçut deux silhouettes féminines. Priant pour que ce soit l’Enac et son acolyte, Hùlikcz se mit à courir en hurlant au voleur. Les deux arcaëlliennes, surprise d’entendre hurler, s’arrêtèrent subitement de marcher. Le jeune elfin le rejoignit au pas de course les implorant de lui venir en aide. Son nez saignait toujours.

    « Aidez-moi ! Ils m’ont tout pris !
    – Qui ? Demanda froidement Mélinda.
    – Les mercenaires !
    – Et pourquoi devrions-nous te protéger ?
    – Vous avez des armes, moi pas.
    – Mélinda, regarde ce pauvre petit, regarde son nez… Tiens prends place sur cette souche je vais te soigner. »

    Fier de son jeu de rôle, Hùlikcz obtempéra simulant la peur. Ayelline utilisa le fluide de soin pour remettre en place le nez cassé du jeune arcaëllien et nettoya le sang. Bougonnant dans son coin, l’Enac ronchonnait. Le jeune elfin avait réussi la première partie de sa mission, infiltrer les deux arcaëlliennes. Cependant, même s’il était fier de lui, il ne souriait pas. Cela aurait pu le trahir. Lorsque son nez fut remis en place, il cria de douleur ce qui fit rire Ayelline. Il jeta un œil vers Mélinda qui était adossée à un arbre et fixait intensément le ciel. Elle cherchait une réponse divine concernant son avenir.

    « Je me nomme Hùlikcz, mes dames. Et vous ?
    – Ayelline pour ma part et la bougonne c’est Mélinda.
    – Je ne suis pas bougonne…
    – Hm hm… »

    Mélinda avait oublié de remettre son cache œil et, de ce fait, Hùlikcz pouvait admirer la beauté de ses yeux vairons. Elle n’était pas bien grande, l’Enac. Mais, il pouvait le sentir, il valait mieux se la mettre dans la poche. Etrange, je l’imaginais plus imposante que ça… Songea le jeune arcaëllien. Mélinda se décolla de l’arbre où elle était appuyée et lança :

    « On y va ? »

    Ayelline soupira et se leva aidant l’elfin à faire de même. C’est fichu pour la discrétion… Ronchonna intérieurement Mélinda. Et, elle n’avait pas tort. L’elfin était un vrai moulin à paroles. Il ne cessait à aucun moment de parler ce qui eut le don d’agacer au plus haut point l’Enac. Plus d’une fois, elle eut envie de le bâillonner. Mais elle n’en fit rien, elle ne voulait pas être tyrannique. La libre expression était un droit acquis à la naissance, non ? Mélinda, quelque peu excédée, demanda sans aucune politesse à Hùlikcz de se taire. Le jeune arcaëllien, surpris, obéit. Pendant trente secondes.

    Le soir tombé lorsqu’ils arrivèrent à l’orée de la forêt. Au loin on pouvait voir la mer et même sentir l’odeur iodé de l’eau. Ils soupirèrent de soulagement en même temps. Il y avait de nombreux bateaux et, surtout, des bateaux pirates. Mélinda demanda à Hùlikcz de se rendre au port et de trouver trois places pour les Cités Blanches. Elle lui donna sa bourse et l’arcaëllien s’en alla d’un pas sûr vers les navires. Pendant ce temps, Ayelline installait un campement de fortune. Elle usa de son mez pour allumer le feu. Mélinda, quant à elle, était partie chasser. Elle avait besoin de silence. Alors qu’elle aperçut une proie suffisante, quelque chose prit forme devant elle. D’abord une aile blanche, puis une noire et enfin un corps. Une arcaëllienne se tenait devant elle, le regard sévère. Ses cheveux de jais étaient si longs qu’ils arrivaient en dessous de ses fesses. Mélinda s’agenouilla sans réfléchir.

    « Béni soit le nom des Dieux.
    – Tu ne sembles pas nous bénir, jeune fille. Grogna l’apparition.
    – Je… Heu… Je…
    – Silence ! Je t’ai choisi entre toutes pour accomplir mon dessin, cesse de nous insulter où je te tuerais de mes mains. »

    Thaä disparut de façon théâtrale. Les Dieux en avaient marre des sautes d’humeur de la tahora. Elle baissa la tête, en colère. Cependant, par prudence, elle n’insulta pas les Divinités. En tout cas, le Dieu avait fait fuir les proies des environs. Par chance, il y avait une petite rivière où le poisson abondé. Elle parvint à en pêcher trois beaux. Elle retourna au campement et commença à écailler et vider les truites. La nuit était fraîche et la jeune tahora se blottit non loin du feu pour faire son ouvrage. Elle ne parla pas de sa visite surprise à Ayelline, se contentant de discuter banalement avec son amie.

    « Crois-tu qu’on puisse faire confiance à l’elfin, demanda brusquement Mélinda.
    – C’est un gosse perdu… Il a pas l’air dangereux. Laissons-lui une chance, tu ne crois pas.
    – J’ai un gros doute sur lui. »

    Hùlikcz siffla par trois fois de façon grave. Sortant des fourrés, Zack apparut. Il était tout sourire, fière de voir l’œil au beurre noir de son ami.

    « Cela fait parfaitement réaliste ton coquart.
    – Ouais, ouais… Bon, j’ai rejoint les filles. La tahora est partie chasser. On m’a demandé de trouver un navire, regarde cette belle bourse. Tu as un tuyau ?
    – Il y a un navire espion dans ce port pirate. Je vais aller voir le capitaine. Suis-moi. »

    Le Prince descendit de sa selle et prit l’animal par la longe. Ils descendirent la colline menant au port. Un trois-mâts trônait magistralement dans la mer. Le fils de Morloc se dirigea vers ce navire et demanda à voir le capitaine Yukan. Le marin, obéissant, alla chercher la mzékils. L’agent de Morloc inclina légèrement la tête lorsqu’elle vit l’insigne impérial sur les vêtements du Prince. Elle invita les deux arcaëllien à se joindre à elle dans sa cabine. Montant à bord, laissant les chevaux à terre, ils suivirent la mzékils aux cheveux bleus et aux yeux noirs dans ses quartiers. Elle devait bien mesurer un mètre soixante-quinze. Un peu plus grande que l’elfin et le mzékils. Sa cabine était sobre, un bureau trônait au milieu de la pièce avec quatre fauteuils couverts de soie noire et rouge. Le Prince n’attendit pas qu’on l’invite à s’asseoir et prit place sur l’un des siège.

    « Que me vaut l’honneur de vous voir en ces terres mon bon Prince, Demanda Yukan. En quoi puis-je vous être utile ?
    – Et bien, tu vas faire passer mon ami ici présent ainsi que l’Enac et une elfe. Tu les conduiras aux Cités Blanches et en apprendra le plus possible sur la tahora. Voici de quoi te satisfaire. Il lança la bourse de Mélinda plus deux rubis. Ça te va ?
    – Bien évidemment Altesse. Vos désirs sont des ordres. Dit-elle en s’inclinant. Elfin, vous viendrez cette nuit, je vous ferais monter en toute discrétion. J’emmène aussi une dizaine d’espions qui doivent infiltrer les rangs des rebelles. Vas chercher les deux arcaëlliennes et soyez là quand la Lune sera à son zénith. »

    Hùlikcz hocha la tête et le Prince et lui quittèrent le bateau aussi discrètement que des souris. Zack et l’elfin se séparèrent en haut de la colline et le jeune arcaëllien partit rejoindre la tahora et l’elfe. La bourse de Mélinda était aussi sèche qu’un étang dans le désert. Il salua les deux amies et les informa qu’un trois-mâts allait les prendre ce soir lorsque la lune de Daÿl serait à son zénith.

    « Bien au moins tu es utile même si je n’ai plus un rond… »

    Ronchonna Mélinda. Cela fit rire Ayelline et Hùlikcz se contenta de sourire bêtement. Il avoua ne pas être bon marchandeur. Soupirant, l’Enac distribua les poissons qui étaient cuits.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille. le Jeu 4 Fév - 18:25

    Chapitre X


    La lune était à son zénith lorsqu’ils arrivèrent au trois-mâts. Là, attendant avec patience, se trouvait une belle mzékils au regard sombre. Sa chevelure bleue avait des reflets clairs sous les rayons de la Dame de la nuit. Elle sourit en voyant le trio arrivé. Leur souhaitant la bienvenue, elle remarqua que la tahora avait un cache-œil et ne montrait qu’un œil vert profond. Elle les invita à la suivre dans leur cabine s’excusant de mélanger femelles et mâles. Elle ouvrit la porte et les invita à entrer. La pièce était grande et possédait trois lits une place, un miroir et un meuble servant à faire la toilette. La bassine blanche était extrêmement propre, brillante et grande. Les trois arcaëlliens remercièrent leur hôte et lui souhaitèrent la bonne nuit.

    Le lendemain matin, le bateau s’ébranla prenant la mer en direction des Cités Blanches. Il s’avéra que Mélinda avait le mal de mer. Elle passa une bonne partie du voyage sur son lit la tête dans un sceau. Ayelline restait à son chevet, lui tapotant le dos et lui épongeant le front. Hùlikcz, lui, se promenait tous les jours sur le ponton faisant la causette aux marins.

    Le voyage dura plus de cinq semaines. Pendant le trajet, ils essuyèrent des attaques de pirates et de pouzans. Les pouzans sont des arcaëlliens et arcaëlliennes à moitié poisson. Leur peau est d’un bleu sombre et leurs nageoires sont bleus marine. Armée de trident, ils peuvent faire de sérieux dégâts aux navires. Par change aucun monstre marin ne fit surface durant le voyage. Enfin, la vigile cria :

    « Cités Blanches en vue ! »

    La capitaine alla prévenir Ayelline, Mélinda et Hùlikcz. Elle leur demanda de prendre une barque discrètement pour quitter le navire. Des marins les aideraient à descendre la petite embarcation.

    Une fois à l’eau, Hùlikcz et Ayelline ramèrent vers la plage la plus proche. Elle était déserte et faite de sable fin. Ils accostèrent sans mal, Mélinda fut soulagée de poser le pied à terre et de quitter les planches du rafiot. Elle remercia les Dieux de s’en être sortie vivante et promit d’être plus gentille avec eux. L’adolescente souriait pour une fois, bien trop heureuse de quitter la mer. Retirant son cache-œil, l’Enac admira le paysage avec des yeux d’enfants. Elle avait réussi à passer, elle était aux Cités Blanches ; le havre de la Résistance lui ouvrait les bras. Ici pas de soldats Impériaux, pas d’Empire Malsain et pas d’esclaves. Les arcaëlliens étaient tous égaux dans l’adversité. Ayelline et Hùlikcz regardait l’adolescente tomber dans le sable et se rouler dedans comme une enfant de cinq ans. Quand elle fut plus calme, ils se mirent en route pour Hytraz, la capitale des Cités Blanches. Il y avait quelques jours de marche et une forêt à traverser. La forêt de Gubaz qui couvrait une bonne partie du continent. Ayant remis son cache-œil, Mélinda semblait inquiète. Ayelline lui demanda :

    « Qu’est-ce qui ne va pas, Mélinda ?
    – J’ai un mauvais pressentiment…
    – Du genre ?
    – Je ne pourrais l’expliquer à dire vrai. »

    La jeune tahora soupira et continua son chemin parmi les fougères. Elle avait de gros doutes sur l’elfin mais les gardait pour elle. D’abord, pourquoi les avait-il choisi elle ? Ensuite, pourquoi n’avait-il pas posé de question sur ses yeux alors qu’il les avait vus ? Et puis, son discours était incohérent, parfois il avait été attaqué par six mercenaires d’autres fois par trois virenpiens. Il mentait la question était de savoir pourquoi. Mais la vérité se sait toujours à un moment ou un autre.

    « La nuit va tomber, dit Mélinda, On va se poser ici. »



    ****



    Le Prince était arrivé à Hytraz, la cité était majestueuse et belle mais surtout personne ne semblait effrayé. Tous avaient l’air heureux et libres. C’était si différent de la capitale de Kaïl. Il se trouva une auberge où il prit bien soin de cacher ses armoiries Impériales. Ici, il devait être un simple voyageur. Et… Peut-être allait-il la retrouver. Il sourit à cette idée. Sa mère lui manquait affreusement et il voulait savoir la vérité. Son père était un menteur né, un manipulateur. Zack portait une grande cape noire et errait dans la ville en quête d’informations. Tout ce qu’il connaissait de sa mère c’était son nom : Abby Maäly. Mais, à sa grande déception, personne ne semblait connaître la tahora. Il rentra à l’auberge afin de dormir, il reprendrait ses recherches le lendemain.



    ****



    Le jour pointait à l’horizon. Mélinda était déjà levée. Assise sur une souche, elle observait ses camarades dormir. Se levant, elle alluma un feu à l’aide de la magie et alla chercher de l’eau ainsi que de la nourriture. Le temps était frais ce matin-là, elle n’aurait pas refusée une boisson chaude. Arrivant non loin d’une source, elle remplit sa gourde et la rangea dans sa besace. Le temps était au soleil et il n’allait pas tarder à faire chaud. Elle se prit à fredonner une comptine que sa mère lui chantait. Comme elle lui manquait. Elle se demanda si Yazë serait fière de sa fille. Peut-être pas… Elle avait commis le pire en tuant et elle savait qu’elle tuerait encore. Soupirant, elle attrapa son arc et une flèche, elle venait de repérer un lapin. L’animal grignotait tranquillement des fleurs de trèfles. Mélinda visa et tira, transpercé de part en part, l’animal ne bougeait plus. Elle le ramassa, adressant une prière de remerciement au Dieu de la chasse, Othab. Revenant au campement, elle constata que ses compagnons étaient éveillés.

    « Bien dormi ? Demanda-t-elle à Ayelline et Hùlikcz.
    – Comme un nourrisson, Répondit l’elfe.
    – Pas trop mal même si le sol était dur… »

    Se lamenta l’elfin qui écarta ses ailes grises de petite taille. Mélinda leur montra sa proie et les invita à aller faire une toilette à la source. Pendant ce temps, elle dépeça et vida le lapin puis l’embrocha et le mit à cuir. Un bruit attira son oreille. Il venait d’un fourré à la gauche de la tahora. Attrapant son épée, elle se mit en position défensive.

    « Qui va là ? »

    Demanda-t-elle sans aucune once de peur dans la voix. Un rire lui répondit, un rire de vieillard. L’ancêtre, appuyé sur sa canne de bois toute tordue, s’approcha de Mélinda. Il la dévisagea avec une joie naissante dans les yeux.

    « Hm hm… C’est bien, c’est bien. Tu es enfin arrivée. Dit-il avec joie. Je suis Jäaner, ancien conseiller de l’Impératrice Keira. J’ai à peine cinq-cents ans. Un vrai jeune arcaëllien, n’est-ce pas ? Il eut un sourire moqueur. Je t’imaginais plus grande et plus costaud. Mais on va faire avec, jeune tahora. Il regarda le campement. Tu n’es pas seule, Enac ?
    – Enac… Enac… Je m’appelle Mélinda nom des Dieux ! Et puis, rien ne prouve que je le suis. La colère animée ses yeux. Jäaner… Mon père m’a parlé de vous. Vous êtes un lorcq qui servit humblement Keira, n’est-ce pas ? »

    Le vieux lorcq rit de bon cœur au moment où Ayelline et Hùlikcz revenaient. L’elfe s’était nattée les cheveux ce qui dégagé bien son visage. Ils firent un arrêt sur image en voyant le vieillard. Le lorcq écarta les branches du fourré et dévoila une meute de bsurts. Des loups de la taille d’un cheval plutôt féroces. Les trois compagnons eurent un mouvement de recul en voyant les bêtes.

    « Ils sont dressés. Prenez en chacun un. Vous serez plus vite à la capitale. Mais en échange, il vous faudra me rendre un service. Il fouilla une poche de son manteau en peau de bêtes. Ah, la coquine est là. Il sortit un parchemin roulé de sa poche. Cette missive est pour Abby Maäly. Pouvez-vous lui remettre ? »

    Hùlikcz tendit la main pour prendre le parchemin mais Mélinda fut plus rapide. Elle hocha la tête, elle acceptait la mission du vieillard. Il leur confia trois somptueux bsurts à la fourrure noire. Sur leur dos se trouvait une selle et autour de leur cou une corde. Etendant ses ailes, l’Enac se posa sur le dos du plus grand des bsurts. Ayelline sauta avec grâce sur le dos d’un autre et Hùlikcz eut beaucoup de difficulté à monter en selle ce qui fit rire le lorcq chauve aux yeux bleus. Possédant une force anormale, le vieillard porta l’elfin sur le dos de sa monture. Une fois fait, ils partirent au galop vers la ville. Au bout de quelques heures, ils étaient devant Hytraz. Le mur d’enceinte devait mesurer dans les cinquante mètres de haut et était d’un blanc pur. Devant l’arche, debout, se tenait quatre arcaëlliens. Sautant au bas de leur selle, ils regardèrent les bsurts repartir vers la forêt. Ajustant son cache-œil, Mélinda s’avança vers la porte qui permettait d’entrer dans la ville. La détaillant, les gardes arquèrent un sourcil. L’un d’eux chuchota au passage de l’adolescente :

    « Tu crois que c’est elle ? »

    Ses camarades observèrent avec insistance la tahora qui se sentit mal à l’aise. Ici, elle était en terre promise, en terre protégée. Sans un mot, elle répondit aux interrogations du soldat en défaisant son cache-œil. Les quatre arcaëlliens restèrent bouche bée avant de tomber à genoux, exaltés.

    « J’vous en prie, levez-vous !
    – Vous êtes l’Elue, nous vous devons respect et obéissance.
    – Qu’est-ce qui le prouve ? Mes…
    – Vos yeux, jeune dame. Dit une voix féminine posée. Levez-vous, imbéciles finis ! Ordonna-elle d’un ton sec. Je suis Abby Maäly, je t’attends depuis bien longtemps. Suivez-moi jeunes gens. »

    Elle lança un regard courroucé aux gardes qui étaient toujours la bouche grande ouverte.
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    Re: Arcaëlle, une éternelle bataille.


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